31 mars 2010

BIENVENU

Bonjour à tous!
Pour consulter notre nouveau blog, qui commence à partir du Canal de Panama, cliquez sur ce lien: www.fidjipatetisa.blogspot.com



Bienvenus sur notre blog!!! Nous le tenons pour partager nos aventures autour du monde, à bord de notre voilier "Fidji".

Nous avons quitté la France en Septembre 2008, la Martinique en Juillet 2009, et nous voulons être en Polynésie Française à partir de Mai 2010. Nous espérons retravailler quelque part dans cette immense zone, la durée de notre séjour dans le Pacifique dépendra donc de ça!

Concernant le blog, non seulement nous sommes pas informaticiens, mais en plus nos connexions à internet étant très limitées et de qualité souvent moyenne, c'est difficile de le tenir à jour. Avoir une photo à la bonne place dans le texte peut nous demander des heures, avec parfois l'envie de s'arracher les cheveux......

Mais nous avons bien l'intention de nous améliorer en informatique! On vous tiendra au courant! En attendant, vous retrouverez ici tous les anciens messages depuis notre départ de France jusqu'au Canal de Panama......
Bonne lecture,
A bientôt!!!!!

Pat et Isa

7 mars 2010

San Blas, notre paradis.....LES PHOTOS

Salut à tous!
Voilà le récit de nos aventures aux San Blas, "Kuna Yala", endroit exceptionnel, unique, bref nous avons aimé, et même plus encore!
Ci-dessous, le lien à copier-coller dans votre barre d’adresse, pour 155 photos diaporamables:

http://picasaweb.google.com/belliotpatrick/SanBlas#

Et ci-dessous le récit que nous vous avons préparé sur tout ça……..
A bientôt!!!

Pat et Isa


San Blas, notre paradis.....

Il s’agit d’un archipel composé de multiples iles et ilots, entre 300 et 400 selon les sources et selon ce que l‘on peut considérer comme étant une ile ou un ilot….Ces iles sont disposés sur environ 200 km le long de la côte Caraïbe de Panama (qui s’étale « en S » d’Est en Ouest), et abrités par au moins 5 grandes barrières de corail.
Situé à environ 80MN (150 km) à l’Est de la ville de Colon et de l’entrée du canal de Panama, cet archipel a été longtemps ignoré par les voiliers de passage, jusqu’à nos jours…

Pourquoi et comment rater cet endroit incroyable? Sûrement à cause du manque d’informations nautique, de l’absence de cartes et la présence de nombreux dangers que représentent tout ce corail éparpillé…..
Mais, les choses ont bien changé, depuis quelques années, avec le GPS et les guides, dont l’exceptionnel Guide de Eric Bauhaus, la navigation y devient facile.
Nous avons vérifié toutes les sondes et positions de ce guide sur notre route, et sa précision est impressionnante. Nous avons fait nos points GPS directement sur les cartes du livre, aucune autre carte ne peut permettre de trouver des passes de parfois seulement quelques mètres de large.
Pour les voileux candidats aux San Blas, comme pour le reste de Panama, ce guide est indispensable, la dernière version sera la meilleure, la seule erreur que nous ayons constatée dans notre 3éme édition (au milieu des Holandes Cays), a en effet été corrigée dans la 4ème, nous avons vérifié depuis….
Bref, avec tout ceci, ainsi qu’avec la réputation que ceux qui y sont déjà allés leurs donnent, les San Blas connaissent un boom, et nous n’y étions pas seul! Rares sont ceux qui ne s’y arrêtent pas au moins quelques semaines…..

Les San Blas ne sont pas seulement exceptionnelles et uniques pour leurs paysages et le bassin de croisière incroyable qu’elles représentent, leurs habitants sont tout aussi exceptionnels et uniques. Les Kunas sont les derniers indiens pure souche, ayant réussi à conserver leur culture, leur tradition, leur langue, et sont restés à l’abris de la société de consommation. Ils jouissent d’une autonomie (relative au regard de la communauté internationale, mais tout de même…) qui leur permet d‘avoir pour ainsi dire leur propre pays, appelé KUNA YALA. Leurs règles et lois vis à vis des étrangers sont très strictes, ils essayent de conserver leur identité à tout prix……
Ils sont physiquement très typés, on les reconnait de loin, même dans les immenses « shopping-malls » de Panama-City, et ils doivent faire 1m60 de moyenne ou même peut être moins…Les femmes ont une façon très colorée de s’habiller, décorent leurs vêtements de « molas » et enserrent leurs mollets et avants bras avec des longs colliers de perles colorées changés une fois par mois. Elles et ils ont souvent du rose sur les joues aussi…
Les « molas » sont des œuvres d’art en tissus superposés, incroyablement finement découpés et cousus, demandant parfois plusieurs mois de travail. Ces molas sont vraiment magnifiques et représentent un élément important de la culture Kuna.

Mais depuis peu, moins de 10 ans, l’occident arrive en masse, à bord de leurs voiliers, et même avec quelques paquebots qui font une escale journalière à Kuna Yala, le temps de déverser quelques milliers de personnes sur une ile minuscule pour acheter des souvenirs (il existe d’ailleurs déjà des faux molas made in jenesaisoù)….
Le dollars est arrivé, il a remplacé la noix de coco qui était encore la monnaie locale il y a peu.
Il y a donc un conflit au sein même de la communauté Kuna, entre ceux qui pensent pouvoir profiter de cette manne touristique, et ceux qui veulent à tout prix protéger leur culture et leurs traditions….

On sent bien qu’ils ne savent pas encore comment réagir à ce changement, rien que dans le fait qu’ils ne connaissent pas le prix des choses qu’ils vendent. Dans les Grenadines, nous achetons sans problème des langoustes à 30 dollars…..La demi langouste cuisinée, dans les Tobago Cays, c’est 25 Euros, à Molène en Bretagne, avant Noël, les langoustes étaient vendues aux enchères avec un record à 115 Euros le kilo (source journal Ouest France)....Au Kuna Yala, nous avons acheté des langoustes vivantes à 3 dollars, livré à bord…….et ce plusieurs fois, le maximum que nous ayons payé c’est 4 dollars par langouste!!
Par contre, pour s’amarrer à un quai (le seul de la région) 30 minutes et faire le plein d’eau, nous avons dû payer 10 dollars…plus 10 dollars pour la taxe de l’ile….Tout cela très officiellement avec facture et tout comme il se doit! Nous avons également payé une taxe officielle de 20 ou 30 dollars par mois (et oui ca dépend de l’endroit où on se fait taxer….) et que tout visiteur doit payer. Cela nous parait tout à fait correct et justifié, étant donné tout ce que nous avons dû payer depuis notre départ de France, et la tolérance vis-à-vis de tous ces bateaux entrés sans autres formalités dans le pays, et qui restent des mois et des mois sans être embêtés! Mais cette situation ne va surement pas durer…..

On peut diviser Kuna Yala en 3 zones bien différentes:
- les iles et la cote proche de la frontière Colombienne, au Sud-Est, où peu de voiliers passent, car il y a peu d’abris, la culture Kuna y est la plus forte et la plus protégée,
- la zone du golfe San Blas, où se déversent des rivières qui rendent l’eau trouble, et limite donc également le nombre de voilier qui s’y rendent,
- enfin la zone situé au milieu, qui constitue un extraordinaire bassin pour la croisière, les abris étant très nombreux, très proches les uns des autres et tous magnifiques.

En quittant San Bernardo en Colombie, nous ne voulions choisir notre point de chute qu’une fois en route, afin de profiter d’une nuit en mer en choisissant l’allure la plus agréable pour Fidji….Mais malgré notre patience, nous avons dû appuyer les voiles avec le moteur pendant 23 heures sur 30, le vent était trop faible….nous avons donc choisi d’atterrir au milieu, à Aridup, car le mouillage avait l’air pas mal abrité de la houle que nous avions.
Ce choix fut le bon, quelques heures avant l’arrivée, nous pêchons une magnifique bonite et nous décidons d’étrenner avec elle le soir même le mini-barbecue acheté à Cartagène , il nous faut juste arriver à temps pour récupérer du bois sur la plage!

Nous sommes le 20 décembre, les premières îles apparaissent, coralliennes, bancs de sable grand comme un terrain de tennis, couverts de palmiers.
Grace au guide d‘Eric Bauhaus, la petite sueur au front, notre capitaine prend un raccourci, et hop, nous y sommes….2 autres voiliers sont là mais nous avons bien assez de place.
C’est magique, Aridup est un peu plus grande, environ 500 ou 600 mètres de long et 100 mètres de large maximum. Derrière nous s’élèvent les montagnes de la côte de Panama (Kuna Yala ici), couvertes d’une dense et sauvage forêt tropicale.
Nous préparons l’annexe en vitesse pour aller chercher du bois pour le barbecue, et descendons sur Aridup. Les palmiers croulent sous les cocos, il ne vaut mieux pas s’en prendre une sur la tête! Mais nous sommes bluffé par la beauté et le calme de tout ce qui nous entoure.
A notre retour, un canoë approche, 3 Kunas à bord. A cause de nos lectures, (nous ne trouvons pas toujours les bonnes infos), nous nous attendons à nous faire taxer quelques dollars pour avoir le droit d’être là. Mais non, l’un d’eux parle un peu Espagnol, et nous arrivons tant bien que mal à comprendre que nous sommes les bienvenus et qu’ils peuvent pêcher pour nous…..
Voyant notre belle bonite, ils s’éloignent en souriant! Quel agréable accueil!!!

Le lendemain, lors de notre tour à pied d’Aridup, nous allons tomber sur un groupe d’une trentaine de Kunas en train de tirer un grand filet sur la plage…..Isabelle et son sens du contact tire son capitaine par le bras pour aller les aider…….et rapidement nous nous retrouvons à tirer sur le filet avec eux. Ils rigolent beaucoup, certains sont équipés de masques (style avant guerre, plein de fuites….) et sont au milieu du filet, attrapent les poissons et les jettent sur la plage.
Nous n’osons pas les prendre en photo, et nous partons une fois le travail terminé, « Nuédi» !!(salut, au revoir, et merci en Kuna, facile!).
Le soir même, dans leurs barques, en quittant Aridup pour retourner dans leurs villages sur la côte, les 30 Kunas nous ferons des grands signes d’au revoir alors que nous marchons encore sur la plage…..
Nous sommes déjà sous le charme! L’ile au sable blanc et aux palmiers généreux, les Kunas aux sourires bienveillants, l’eau limpide et chaude à souhait, pas de moustique, puis une belle averse, enfin, qui nous permet d’essayer notre nouveau taud récupérateur d’eau de pluie, super, nous récupérons 200 litres……que demander de plus, c’est le paradis ici ou quoi? On nous l’avait caché!!!!!!!

Nous avons 3 semaines avant l’arrivée de Papa Belliot, qui voudrait bien passer le canal de Panama avec nous, et visiter les San Blas aussi, alors, nous allons vraiment en profiter pendant 1 mois.

Au fur et à mesure, nous rejoindrons entre autre Isla Verde, puis Coco Bandero (où nous fêterons Noël et la nouvelle année avec beaucoup de marins plus sympas les uns que les autres), les superbes Holandes Cays, Nargana et Corazon de Jesus, Lemon Cays et remonterons la Rio Diablo (grande rivière) sur le continent….En tout nous allons trouver une vingtaines de mouillages différents, pour la plupart à moins de 2 heures les uns des autres.

Nous sommes bien ici, c’est une vie rêvée, bien orchestrée, la nature est toujours et plus encore surprenante par sa beauté et son expression libre: couleur, faune et flore nous offrent ce que jamais aucune carte postale ne pourrait offrir. Ici c’est encore une nouvelle atmosphère, un climat différent, des couleurs tellement nettes car le ciel est pur et l’air limpide.

Nous étions inquiets quand à l’approvisionnement en produits frais mais là encore nous aurons la surprise de voir arriver dans leur barque (creusée d’un seul tenant dans un arbre!!!!), les Kunas et leur cargaison de fruits et légumes, ou encore de poissons et langoustes…
La barque se met à couple des voiliers, et hop, on choisit ce qu’on veut, patates, tomates, concombres, ananas, oranges etc, on fait le plein pour 30 ou 40 dollars, en France c’est 3 fois plus cher, et ici on a même pas besoin de se déplacer.
Nous aurons même la possibilité de commander de la viande auprès d’Ortis, à Nargana, qui d’un coup de téléphone à Panama City, fait mettre sa commande dans l’avion quotidien. Il nous livre 4 kilos de bœuf congelé, directement au bateau alors que nous sommes loin de son village…et tout ça dans un esprit de confiance extraordinaire (payable à la livraison!)….bonne qualité et pas cher…

Nous allons couler des journées idéales, ponctuées de baignades, balades sur les iles, rencontres sympathiques, barbecue délicieux…..Nous nous déplaçons environ tous les 3 jours histoire de pouvoir voir plus de San Blas. Mais ces 3 jours par ci par là, nous les aurions bien changé en semaines!

Pour remonter la Rio Diablo, il faut mouiller à Nargana et Corazon de Jésus. La rivière est magnifique. À bord de l’annexe d’Aquarius et en leur compagnie, nous allons remonter jusqu’à une petite plage où nous nous baignerons, remplirons les jerricans, et où, debout dans la rivière, nous ferons la lessive, eau douce à volonté!

Nous sommes en pleine jungle et les oiseaux nous transmettent allègrement leur plus beaux chants sans oublier de nous laisser apprécier leur magnifique plumage. Mais, une fois à l’arrêt, les moustiques arrivent en force et il nous faudra fuir les lieux….Sur le retour une énorme averse nous rince littéralement. Mais Isa n’a qu’une envie, y retourner et aller encore plus loin. Et nous y retournerons 2 semaines plus tard avec Papa Belliot. Et cette fois nous n’aurons pas de problème avec les moustiques, ni avec la pluie, et à son tour, Jean Paul se laisse envouter par cette nature libre et exubérante!

Nargana et Corazon de Jésus sont 2 iles proches reliées par un pont piéton. Il s’agit des villages les plus ’développés’ (au sens occidental du terme) du coin, avec quelques bâtiments en dur, et la possibilité d’acheter fruits/légumes/bière et l’excellent petit pain Kuna (20 petits pain pour 1 dollar)…Quelques fruits emplissent le sac à dos, on regarde les kunas jouant au volley, ou au basket, les enfants jouent dans les rues de sable. Le téléphone portable fonctionne à fond, nous sommes impressionnés par le nombre de gens au téléphone, ça papote dur….
Nous y apprenons que dans la tradition Kuna, lorsqu’une fillette devient femme, lorsqu’elle a ses premières règles, est organisée une cérémonie importante et l’on y boit ensemble le chicha, alcool de canne à sucre et coco. C‘est-ce jour là que l‘on coupe les cheveux de la demoiselle. Ainsi elle prend une place nouvelle parmi les siens. Nous avons croisé une fillette au longs beaux cheveux noirs, jusqu’aux fesses , accompagnée d’une de ses amies aux cheveux fraichement coupés…

Pour Noel et pour Nouvel An, nous sommes une trentaine à nous retrouver à Coco Bandero, sur une magnifique petite île déserte, autour d’un barbecue superbement organisé! Viande de bœuf, crabes et langoustes grillent doucement, un groupe électrogène des plus discret nous permet un bon éclairage et la desserte improvisée sur bois flotté nappé est recouverte de mets délicieux: salades, fougasse, pâtisseries et même du fromage!!!! Quel banquet. Le tout est bien arrosé: sangria, vin, mousseux et bière…accompagné de guitares , banjo et accordéon, soirées inoubliables, vous vous en doutez……

Puis, nous allons découvrir les Holandes Cays. C’est un endroit incroyable, 17 iles principales qui s’étalent, abritées par une large barrière de corail, d’une quinzaine de kilomètres de long. Il y a donc une bonne dizaine de mouillages abrités, et plus beaux les uns que les autres. L’eau y est très claire, le corail est encore vivant et par endroit, les tombants sont à couper le souffle. Il y a très peu de Kuna qui y vivent, car c’est l’endroit le plus éloigné de la côte. Mais c’est tout de même ici, précisément à Miriadiadup, que la rencontre plus approfondie avec une famille Kuna va devenir un des plus forts souvenirs de cette escale.
Grâce à Nicolas et Pascale de Badinguet, nous allons faire connaissance avec la famille d’Agripine et Robertino. Avec eux, nous allons passer des moments, et surtout des soirées merveilleuses.
Pascale et Isa apprendront à cuisiner le riz coco avec Agripine. La leçon se passe dans la hutte de cuisine avec son foyer en étoile, son ’’barbecue’’ et ses ustensiles de cuisine. On ne peut trouver plus simple! Tout est parfaitement organisé et le peu d’objets trouve sa place sur des supports naturels. Une branche à la forme adaptée aux rangements des timbales est plantée directement dans le sol, une table permet de poser les plats, une louche tiré d’une calebasse est suspendue non loin de la rape à coco. Tout est là, tout c’est peu mais il ne manque rien. Et Isa apprécie sincèrement cet échange.
Dans la hutte en face sont suspendus les hamacs. Rien d’inutile ici, tout a un sens.
Dans quelle époque sommes nous? On est surtout en dehors du temps. Ici rien a changé depuis des siècles, les coutumes ancestrales sont encore à la base de la communauté Kuna. Le plus, c’est le téléphone portable, et la superbe LED branchée sur une batterie qui nous offre la lumière nécessaire pendant nos diners.

Pat, Nicolas et les hommes Kunas vont chasser quelques poissons pour les repas que nous allons partager accompagnés du riz coco…
Les palmes, masques, tubas et fusils sous marins sont les principaux outils des hommes, nous aurions dû le savoir plus tôt! Nous aurions pût en ramener plein pour les leur offrir!
C’est une très belle leçon de vie. Les diners ensemble sont ponctués de grandes discutions sur les traditions, les croyances et les liens avec les esprits de vie, mais tout le monde ne parle pas Espagnol, de notre coté comme du coté Kuna!
Mais nous allons quand même apprendre comment les Kunas font pour demander au ‘’Conducteur d’orage’’ de les épargner, ou comment ils calment le vent. Ils nous expliquent le rôle des figurines en bois qui décorent leur cases mais surtout les protègent des maladies…. Nous pourrions rester des mois car tout nous intéresse, de la pêche aux molas, de la fabrication des jambières et des bracelets à la cuisine Kuna. Nous écoutons aussi la maracasse qui rythme les chansons murmurées à l’intérieur de la case.

Jean Paul ne sera pas le dernier à tomber sous le charme et il ira même jusqu’à offrir une leçon de natation à la jeune Daismeth de 8 ans.
C’est touchant de le voir chanter pour tous, pendant le diner, les Kunas connaissent Brassens maintenant!!! Corne d’auroch!!!!!!Le bonheur est totalement partagé, et ce moment d’harmonie sera certainement le plus fort et le plus spontané de son séjour avec nous.

Les San Blas sont aujourd’hui le plus bel archipel que nous connaissions. Nous pourrions écrire encore et encore des pages et des pages sur ce que nous y avons vécu…mais il faut savoir aussi mettre des points dans un texte. Une chose est sûre c’est que ce n’est pas un point final, juste un point de suspension, parce que nous avons un tour du monde à vivre, que nous ne sommes certainement pas au bout de nos surprises, et que nous espérons bien revenir un jour.
Mais il est dur pour nous de lever l’ancre et de quitter nos nouveaux amis et ce paradis!

Certains y sont depuis longtemps, nous avons rencontré des Italiens qui sont là depuis 7 ans…..et ils n’ont aucune envie de rentrer! Même si la météo n’est pas réputée bonne entre Juillet et Novembre (très nombreux et violents orages parait il)….

Enfin, voilà donc les San Blas, en Janvier 2010.…..Combien de temps cela va-t-il durer? Comment vont-ils évoluer? Quand on voit la masse d’Occident et de dollars déferler aux San Blas!
Et quand on voit les iles à la merci d’une montée des eaux ne serait-ce que de quelques centimètres.
Si les vagues venaient à passer par-dessus les barrières de corail, qui sont déjà immergées, les iles seraient balayées en quelques mois, le sables et les palmiers disparaitraient pour laisser place à une patate de corail à fleur d’eau.
Nous avons vu les palmiers au sol, par dizaines, lors d’une marée de pleine lune, ils sont déjà dans l’eau à Coco Bandero, et les troncs vibrent sous l’assaut des vagues…..D’après un calcul rapide, ça tombe plus vite que ça ne pousse, non?…
Qui sait si ces îles seront encore là dans 10 ans?

Dans trois semaines un nouveau bébé verra le jour dans la famille d’Agripine, nous lui souhaitons de tout cœur de pouvoir connaitre l’archipel tel qu’il est encore aujourd’hui.

Il faut noter, pour finir, qu’aussi belles soient elles, les îles des San Blas ne sont pas épargnées par les déchets humains, c’est le moins qu’on puisse dire. Les côtes au vent sont RECOUVERTES de déchets plastiques en tout genre, dont environ 70 à 80 % de bouteilles. Il n’y a pas 50 cm2 sans plastique, c’est horrible.
Les vents et courants emmènent les déchets vers les San Blas. Il faut arrêter avec le plastique jetable, c’est vraiment un gros problème dont on n’a pas conscience quand on vit dans un endroit où des impôts sont récoltés pour nettoyer et incinérer, traiter et recycler.
Quand, à 4h du matin la rue St Nicolas à La Rochelle est recouverte des restes des soirées très arrosées de cette rue festive, comme par miracle, à 7 heures, elle est propre, plus un mégot qui traine.
Il faut prendre conscience que ce sont des décisions politiques qui changent les choses.

Nous avons ramassé 3 énormes sacs poubelle de plastique le 31 Décembre, et les avons brulé, les fumées sont toxiques, tout le monde le sait, mais c’est comme ça qu’on traite tous les déchets du monde, ou presque, on les brule, voilà tout. Il faut interdire le plastique jetable, intégrer le système des bouteilles consignées et faire des plastiques de qualité que les gens garderont longtemps, c’est aussi simple que ça, il suffit qu’un politicien le décide, et il ne le fera que si le peuple le lui demande par son vote, parce qu’il est opportuniste le politicien, ça aussi tout le monde le sait.

Il ne fallait pas de point noir dans ce paradis des San Blas…La perfection n’existe pas nous direz vous???? Là pourtant, on n’en est pas très loin, à notre avis!

Mais ce n’est que notre avis!!!

A bientôt!

Pat et Isa

18 févr. 2010

Rosario et San Bernardo, sur la route des San Blas...............Les photos........

Bonjour a tous,
voila le récit concernant nos arrêts dans les archipels de Rosario et San Bernardo situés entre Cartagène (Colombie) et les San Blas (Panama).
Copiez-collez ce lien dans la barre d’adresse pour voir 102 photos en diaporama,

http://picasaweb.google.com/belliotpatrick/RosarioEtSanBernardoSurLaRouteDesSanBlas#

Et ci dessous le texte qui va avec les photos! A bientôt!

Pat et Isa

Rosario et San Bernardo, sur la route des San Blas......

Rosario et San Bernardo!

11 décembre 2009, nous quittons Cartagène, comme nous vous l’expliquions, nous serions bien resté une semaine de plus, mais la taxe locale nous en dissuade, dommage.
Cependant, nous ne sommes pas mécontents de quitter la pollution qui a laissé une couche noire sur Fidji, et l’idée de plonger à nouveau dans la mer nous ravit!

Nous repassons donc dans le mur de Boca Grande, et, un peu plus loin, la couleur de l’eau repasse au bleu, quel bonheur, nous sommes à la voile, il y a du vent, nos poumons se dilatent!
Après seulement 3 heures de navigation à grande vitesse, nous voici déjà dans l’archipel de Rosario……Et 5 secondes après avoir posé l’ancre, nous sommes à l’eau! Puis nous fermons toutes les ouvertures de Fidji, attrapons les seaux, et lui aussi a droit à sa douche d’eau claire (mais salée)…Le jus noir qui s’écoule est impressionnant….


Le lendemain, les locaux nous proposent des cocos, du poisson, des langoustes, des souvenirs en tout genre….Un homme récupère les vieilles fringues….
Nous continuons le nettoyage de Fidji, du pont au bas de la quille……Pendant 4 jours, Pat va enchainer des dizaines de longues apnées avec la brosse, la gratouille et l‘éponge, pour sauver notre antifouling, la peinture qui protège les parties immergée de Fidji….C’est du sport!
Il y a quelques petites méduses qui piquent forts, et nous sommes obligés de nous couvrir pour pouvoir nager….

Ti-Yann est là lui aussi et comme nous, refait une beauté à son voilier.

Finalement, nous allons rester 6 jours dans l’archipel de Rosario. Et nous allons visiter Isla Grande, sur laquelle se dresse une drôle de bâtïsse, nos informations indiquent qu’il s’agit de la maison des Gardes Côte.
Un ponton permet le débarquement, nous sommes accueillis par des enfants, dont Kevin, qui fête ses 13 ans aujourd’hui. Il nous propose une visite de la maison.

C’est magnifique! Tout est en bois, la charpente apparente, les espaces très grands, le mobilier, la cuisine, tout est très beau. Il n’y a pas de mur extérieur, on peut difficilement faire plus lumineux et aéré!
Un garde cote nous explique qu’il s’agit d’une maison qui appartenait à un narco trafiquant avant qu‘il soit arrêté…..Nous ne savons pas ce qu’il est devenu mais, celui qui a construit cette maison ici est très fort et a beaucoup de goût. Nous sommes vraiment charmés, du luxe sans exagération, c’est simplement magnifique, tout entièrement en élément naturel…2 grands balcons ronds donnant sur notre mouillage et les grandioses couchers de soleil.
Kevin nous raconte que le président Colombien vient ici se reposer de temps en temps, et il nous montre sa chambre. Pas mal, et ça fait drôle de visiter comme ça la pièce où séjourne un chef d’état, si simplement, en tongs, maillot de bain et appareil photo…


Les enfants nous conduisent ensuite vers le village. Pas de route ici, juste quelques chemins traversant une forêt, les arbres sont très hauts et ressemblent plus à nos arbres européens qu’à la végétation tropicale habituelle. Les gens vont à pied…Les petites maisons forment un village sympa. C’est comme une grande famille. Il y a l’électricité, des antennes un peu partout, la télé est allumée, la musique à fond, certains jouent aux dominos, d’autres aux cartes. L’église est attenante à l’école et au milieu de la cour un tivoli-préau fait la pub pour la bière Aguilla. Une petite arène attend les combats de coqs… un peu plus loin une crèche, dont les santons sont de grandes tailles, est installée sur le chemin (c’est bientôt Noël).
Plus loin sur les côtes de l’ile, nous remarquerons quelques belles villas, quelques hôtels et restaurants, dont certains sont abandonnés.

Vers la fin de notre séjour à Rosario, nous allons, pour remercier les enfants pour la balade, offrir un ballon et proposer de visiter Fidji. Nous organisons 2 tours d’annexe pour que les six enfants viennent avec nous. À bord c’est la ruée sur les bonbons, puis nous partageons notre gâteau à la banane et leur offrons une grenadine! Ils sont heureux et Isa aussi. Elle leur apprend ensuite à faire des oiseaux en papier. Kelly lui offrira le sien dédicacé! Quel bonheur! Nous avons passé ensemble un moment extraordinaire. Avant de partir, ils veulent absolument nous rendre encore service, du coup, ils nous remplissent nos bidons d’eau, qui est vraiment précieuse ici! Ils sont adorables! Muchas gracias amigos!!

Puis nous allons faire la connaissance, sur leur magnifique bateau Anglais nommé « Curious », de Steve and Trish (Patricia), de Manchester, qui naviguent aussi autour du monde, et sont rejoints de temps en temps par des amis. Eux aussi sont adorables, et nous resterons en contact! Et Trich et Isa proposent de se donner mutuellement des cours d’Anglais/Français!


Mais il nous faut avancer, bye-bye Rosario, jeudi 17, nous partons vers l’archipel de San Bernardo qui sera notre dernière escale Colombienne.
San Bernardo est encore un autre archipel Colombien, (idéalement situé pour s’approcher de Panama et des San Blas), avec quelques îles assez espacées les unes des autres, à part les 3 principales, Tintipan, Islotte et Mucura.
Après une navigation de quelques heures, voile/moteur, plutôt tranquille, nous mouillons près de Tintipan, sur laquelle nous ne pourrons débarquer à cause de la végétation très dense. De plus, la légende dit que Tintipan abriterait la mère des moustiques, alors, n’insistons pas pour aller vérifier si la légende est vraie….

Tout près, à portée d’annexe, il y a Islotte. Alors là, on est dans l’originalité totale. L’île est totalement recouverte d’habitations. Cette ile est minuscule, on la traverse en 10 minutes, et pourtant, 1200 personnes y vivent. Des petits canoës vont et viennent de Tintipan avec des bidons d’eau qui sont disposés sur une petite place, chacun vient prendre son bidon et paye le service.
On a du mal à discerner les ’routes’, les ’places’, des allées et ’jardins’ des maisons individuelles. C’est un mini labyrinthe surpeuplé…Nous y dépenserons nos derniers pesos en achetant quelques bières. Ils vivent vraiment les uns sur les autres, incroyable, quand on sait la place qu‘il y a sur l’ile d’à coté.
Sur Mucura, en effet, les quelques hôtels ne prennent pas beaucoup de surface, les plages sont belles, ainsi que le parc bien entretenu, les ouvriers s‘activent sur les nouvelles chambres et le terrain de tennis en construction….Il se dit que les habitants d’Islotte préfèrent vivre sur Islotte et venir travailler sur Mucura, mais bon nous n’avons pas questionné les locaux pour le vérifier.

San Bernardo sera une escale de courte durée, nous prenons le cap des San Blas 2 jours après notre arrivée.
En passant par-dessus la barrière de corail recouverte d’environ 5 à 10 mètres d’eau, Isa se laisse doucement trainer par Fidji avec masque et tuba. Les fonds sont merveilleux, elle compare cette expérience à un vol au dessus des grands jardins colorés que forment les coraux.
Il y a du corail vivant par ici!!! C’est superbe!

Et nous voilà parti vers de nouveaux horizons, allez Fidji, emmène nous.

Rendez vous au San Blas!

6 févr. 2010

Cartagène des Indes, Colombie! LES PHOTOS

Bonjour!!!
Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, nous venons de franchir le canal de Panama! Nous avons plein de choses a vous raconter!
Aujourd'hui, nous allons combler une partie du retard de notre blog en vous racontant Cartagene.
Voici le lien vers 113 photos de notre séjour, que vous pouvez visionner en diaporama. Copiez-collez le dans la barre d'adresse:


http://picasaweb.google.com/belliotpatrick/Cartagene#


Et ci dessous, voici le récit de cette escale, qui nous a vraiment enchantés!

Au fait, Isabelle va rentrer en France et quitter le bord du 6 Février au 5 Mars...Mais, nous mettrons quand même le blog a jour!

A bientôt!

5 févr. 2010

Cartagène des Indes, Colombie!

A l’origine, il nous a fallu plusieurs mois pour décider de nous y arrêter, car les grandes villes ne nous intéressent pas vraiment.
Mais, tous les renseignements et conseils que nous avons pu prendre tous azimuts étaient unanimes: « C’est une escale formidable, il faut y aller! ».
Alors, allons y!!!! Voyons ça!!

C’est une grande ville (environ 1.2 Millions d‘habitants), chargée d’histoire, car elle fut fondée en 1533 par les Espagnols, peu de temps donc après la découverte du « nouveau continent » par Christophe et ses amis, apportant le salut du Christ chez les sauvages. La ville fût un très important port pour la flotte commerciale Espagnole, notamment concernant l’or, puis les esclaves. Elle fût maintes fois la proie des pirates et corsaires, par la mer et par la terre…c’est pourquoi ses fortifications sont encore bien impressionnantes aujourd‘hui.

Le premier élément de ces fortifications que nous allons voir en arrivant n’est pas des moindres au niveau originalité:
Pour s’approcher de la ville par la mer, il y a 2 points de passage, BocaGrande et BocaChica. Les Espagnols ont à l’époque construit un mur sous-marin de 2 km de long, pour fermer l’accès par BocaGrande, et obliger les navires à entrer dans la ville par BocaChica. Avec son chenal de 200 mètres de large maximum, le contrôle des accès était alors beaucoup plus simple.

Et ce mur de 2 km est toujours là! Il se trouve à 1 mètre sous l’eau, il est donc invisible! Une brèche y a été faite pour éviter aux petits bateaux de faire le grand détour par Boca Chica. Nous entrons donc dans la ville par cette brèche, en espérant que les bouées n’ont pas bougées à cause de la houle, ce qui nous ferait immanquablement rentrer dans ce mur. (le jour de notre arrivée, la bouée verte avait disparue….le jour de notre départ, elle avait été remise en place…).

Nous passons donc le fameux mur! Avec soulagement, nous passons dans cette petite brèche, ouf, bien visé!! Et dès cet instant la ville nous montre ce qu’elle a de plus frappant, son ambivalence, sa dualité à la fois vieille et moderne. Car en passant ce mur chargé d’histoire, nous sommes sous les grattes ciels immenses et modernes du quartier de BocaGrande. Autant de tours aussi hautes comprimées en un seul endroit, les pieds dans l’eau, on ne peut s’empêcher de penser à New York….Et elles ont l’air si récentes! Il y en a d’ailleurs encore pas mal en construction.

Le mouillage se situe dans un autre quartier un peu plus loin, on y retrouve, parmi les quelques 200 voiliers présents, Larès, Aquarius et Ti-Yann.
Jocelin, Stéphanie et Yannick vont nous aider à passer le premier cap de l’intégration en ville. Fini les baignades, fini le vent, bonjour pollutions diverses, poussières et chaleurs infernales, énormes portes containers, bateaux militaires, coast guard américains, paquebots gigantesques…
Dès 5 h du matin sur le quai tout proche résonne la musique du cours de gym qui a beaucoup de succès, les bateaux taxis passent et repassent à fond nous faisant rouler, les chiens aboient, le perroquet du bateau voisin crie à tue tête… tout le monde s’active.

Nous allons décider dès le premier jour de repartir le plus vite possible! Mais, il y a…..LA liste!!! Depuis le temps qu’on nous chantait que Cartagène regorgeait de bonnes affaires, de solutions à tous les problèmes et d’excellents professionnels, nous avons constitué une importante liste de choses à faire pour préparer la suite de notre aventure, parmi lesquels faire confectionner un grand taud de soleil récupérateur d’eau de pluie, acheter un alternateur, trouver des bruleurs pour la gazinière qui fait une grosse flamme jaune et qui noircit les casseroles, refaire les housses des coussins du carré, etc, etc, etc….

Nous allons donc immédiatement nous atteler à réduire la taille de cette liste. Le principe, c‘est que une fois les travaux commandés, nous aurons tout le temps de visiter la ville en attendant que ceux ci nous soient livrés.
Tout en vacant à ces occupations, nous allons quand même découvrir Cartagène! Tout d’abord le supermarché Carulla, tout près, on peut y manger, aller sur internet, découvrir de petites boutiques, y déposer son linge….Et, en allant, grâce à un très efficace réseau de taxis jaunes (1.60 Euro la course), de magasins en artisans, nous allons également aller de découvertes en découvertes et de surprises en surprises!

Et, malgré notre répulsion des grandes villes, nous allons rapidement, et tous les 2, commencer à beaucoup aimer celle-ci.
Il y a plusieurs raisons à cela, d’abord nous allons voir beaucoup de sourires et de disponibilité, partout où nous irons. Et ça, on adore!! Il faut aussi absolument signaler la beauté des filles de Cartagène, Pat en a plein les yeux!!!!!!!!
Ensuite, il y a cet équilibre incroyable entre le moderne et le vieux, entre le riche et le pauvre. On se sent en sécurité, on a envie de marcher, de flâner. Cette envie est accentuée quand on s’approche du centre ville, car la concentration de surprises et de découvertes est encore plus grande.

1ère surprise: Les prix! Nous sommes en Pesos Colombien. Pat va retirer 2.5 millions de pesos avec sa carte Visa! Enorme? Carrément! Il s’agit en fait d’environ 900 Euros! 10000 Pesos, c’est 3.5 Euros. Alors, nous avons maintenant sur nous, en plus de notre petit dictionnaire Franco-Espagnol, toujours notre calculatrice! Et là, incroyable, les prix sont si bas par rapport à ce qu’on connait, qu’il faut se retenir pour ne pas trop dépenser!!
Nous faisons fondre de nouveaux bruleurs de gazinière en bronze pour 3 Euros chacun! Nous achetons un matelas découpé pour notre carré à 40 Euros, achetons du tissus PVC 19 fois moins cher qu’en Martinique, et notre nouveau taud, dont nous sommes très content, nous le payons sûrement 3 ou 4 fois moins cher qu’ailleurs. Il fait 5 mètres de long en PVC bleu foncé et est conçu pour que nous puissions récupérer un maximum d’eau à la moindre averse.

2ème surprise, l’alimentation! C’est super bon, et pas cher! Et les fruits sont incroyables, les meilleurs que nous connaissons! Nous mangeons plusieurs fois dans un restau très sympa avec un jardin aménagé pour les enfants, où nous dégustons de bonnes pizzas mais surtout d’excellentes brochettes de bœuf, délicieusement tendres! Et le nec plus ultra: le vrai jus de mandarine glacé qui fait le bonheur du capitaine!
En ville, où que l’on soit, des marchands ambulants nous proposent des grands gobelets pleins de fruits préparés (2000 pesos/60 centimes) : pastèques, mangues, noix de coco, et jus de fruits frais. On peut grignoter de très bonnes chips de bananes, ou se désaltérer d’une eau de coco bien fraiche avant de déguster la chair tendre du fruit qu’un coup de machette a fait apparaître (1000 pesos!). Les beignets salés se vendent à tous les coins de rue ainsi que pleins d’autres ’’coupe faim’’ …Nous gouttons pas mal de choses!! Pat enchaine les gobelets de pastèque, Isa les coco fraiches!


3ème surprise, l’artisanat et l’incroyable centre ville! L‘influence architecturale espagnole y est très marquée. Comme nous sommes en décembre, de magnifiques décorations nous sont proposées, le centre ville est superbe! Les lumières de Noël sont partout. Il y a beaucoup de touristes, et la sécurité est très bonne, car la ville met le paquet pour plaire (Il parait que pas moins de 10 paquebots par semaine viennent faire escale à Cartagène!!!!). Il y a de très belles demeures aux balcons fleuris, tout en bois et pleins de musées, pleins de terrasses de bars et restaurants animées et sillonnées par des vendeurs de cigarettes ou cigares.
Mais le centre c’est aussi une fourmilière: tous les métiers de l’artisanat y sont représentés: fondeur, cordonniers, rempailleurs, bijoutiers, vitriers, électricien, électrotechnicien, mécanicien, …car ici TOUT se répare!!!! TOUT! Certains sont assis devant une table sur le trottoir avec des dizaines de téléphones portables démontés en train de faire quelques microsoudures pour les réparer….ou aussi des montres, des écrans plats, des imprimantes, etc…Magasins de luxe, confections, bijoux, pierres précieuses, or fin, émeraudes…Plus loin on achète son DVD gravé avec le film de son choix pour 60 centimes (ont-ils payés les droits copyright ces petits filous???) ….On peut téléphoner grâce à une « cabine vivante » qui a plein de téléphones portables et vous fait le meilleur tarif à la minute, on trouve des magnifiques tissus colorés, du matériel de bricolage, du formica, du carrelage, des peintures, des selles pour les chevaux, des roulements à billes et, en s‘écartant un peu du centre ville…des boites de vitesses et embrayages carrément démontés en pièce détachés, etc……impossible de décrire tout ce qu’on peut voir, c‘est fou!!!
En Occident, les grands groupes industriels ont réussi à rendre la plupart des produits jetables (c’est plus intéressant financièrement de changer de voiture que de changer un embrayage). A Cartagène, attention, on ne change ni la voiture ni l’embrayage, on le répare!!
Il y a de vrais professionnels, spécialistes dans chaque métier. Ils nous ont impressionnés par leur compétence, leur savoir-faire, leur sens du commerce et du service….Un mécanicien qui nous a rendu service a même refusé notre argent, en disant que ça lui avait fait plaisir de nous aider!!
Si un fondeur n’avait pas pu nous fondre de nouveau bruleurs en bronze (3 Euros chacun), nous aurions dû changer de gazinière…car la société Electrolux ne pouvait pas nous en fournir….En voyant ça on comprend le gaspillage généré par notre société de consommation.

4ème surprise: Croyez vous être au bout de vos surprises? Et bien allez donc faire un tour au marché Bazurto!!! C’est vraiment dur de trouver les mots! C’est un immense marché, très très sale et pollué où les touristes ne s’aventurent pas en général.
En arrivant, l’odeur est presque insoutenable, la rivière qui borde le marché est noire et couvertes de déchets immondes, un grillage empêche d’y tomber, les pélicans y cherchent à manger. Le poisson est disposé sur des tables en plein soleil et couverts de mouches, il faut passer par là pour entrer dans le labyrinthe….Une fois à l’intérieur, des centaines d’étales proposent de tout. Nous achetons des fruits (12 grosses oranges 60 centimes!), des légumes, un hamac, un barbeccue en fonte d’alu, des chaussures…Nous passons près d’une souche où les poules sont décapitées et la viande découpée (les restes s’entassent au pied de la souche), près d’un énorme camion plein de bananes, un homme pousse une charrette avec des roue métalliques presque carrées avec quelques milliers d’œufs dedans, les chiens pleins de puces ont la gueule dans les poubelles, ….ETC….
C’est Bazurto, c’est indescriptible il faut le voir pour le croire.
MAIS….plus surprenant encore, à moins de 200 mètres du marché, quelques marches vous emmènent………….à Carrefour!
Alors là on est saisie par la climatisation, une galerie commerçante comme à Paris, les boutiques des grandes marques, les voitures japonaises exposées à gagner sur un carrelage immaculé, les escaliers roulants, et l’entrée d’un grand magasin de bricolage plus grand que Castorama et Leroy Merlin à La Rochelle. Tout est beau, tout est propre, tout sent bon, tout brille…..On peut ici acheter sa paire de basket made in China 20 fois plus cher que 200 mètres à coté! C’est super classe hein!? Vive les marques!!!
Mais, à Carrefour nous trouvons de la moutarde Maille bien de chez nous….alors nous y ferons aussi nos courses!! Comme tous les occidentaux que nous sommes!


Cartagène, c’est un spectacle permanent!!!!!

Il semble que notre blog, à la base pensé pour nos familles et amis, avec qui nous voulions partager nos aventures, soit maintenant lu aussi par des marins qui sont derrière nous, sur la même route (ce qui semble logique vu que nous lisons les blogs de ceux qui sont devant nous). Nous avons en effet rencontré Valérie et Marc à bord de B&B, qui sont venus nous dire que notre blog leur avait été bien utile….
Alors, nous allons peut être mettre un peu plus de détails concernant la navigation, l’escale, les prix, etc…pour d’autres questions, écrivez nous….
Un mot donc concernant le point noir de cette escale: Le mouillage et le « club nautique ». C’est une catastrophe, pour l‘instant. On nous avait de plus prévenu que l’escale de Carthagène était chère, mais nous ne savions pas pourquoi. En fait il y a, normalement 3 choses à payer:

- Les formalités d’entrée-sortie du pays: il faut passer par des agents qui « s’occupent de tout » (David et Manfred ne sont jamais bien loin). Parait que c’est obligatoire…….Mais est-ce que c’est vrai?? En tout cas ils font payer 90 dollars pour ce service, qui en vérité ne coute presque rien auprès des autorités, les différents intermédiaires s’en mettent tout simplement plein les poches (et fournissent la facture à la fin!).
Grace à de bons conseils, nous avons pu nous passer d’eux en allant dans un bureau situé au centre commercial Getsemani. Cela nous a permis de ne payer « que » 60 dollars. Dans ce bureau, nous avons croisé David, qui en fait, ne fait que leur amener les papiers.
Nous ne sommes pas d’accord avec ces pratiques malhonnêtes, mais tout le monde s’y conforme presque sans discuter.

- En 2, une nouvelle taxe apparait vers le mois d‘Octobre, quelques semaines avant notre arrivée. Elle émane du « Capitaine du Port ». Apparemment, celui qui gère donc tout ce qui se passe dans cette immense baie où se côtoient les gigantesques portes-containers, les non moins gigantesques paquebots, les navires des armées colombiennes et étatsuniennes, les taxi-boats roulants à toute vitesse, et les plaisanciers de passage.
Il a décidé, ce fameux Capitaine, que tout bateau restant plus de 10 jours paierait 70 dollars. Pourquoi? On ne sait pas, c’est comme ça. Sûrement pour avoir le droit de salir incroyablement sa coque dans ses eaux immondes et de se faire rouler toute la journée par les taxi-boats.
Pour éviter de payer, nous faisons notre entrée 5 jours après notre arrivée et restons 3 jours après avoir fait la sortie. C’est désagréable de se sentir en faute, mais nous ne voyons pas pourquoi nous devrions payer ça.
Si c’est pour éviter les squatteurs il pourrait au moins donner un mois de délai quand même.

- Et en 3, le club nautique, qui réclame 20 dollars par semaine pour l’utilisation de ses services. Alors là c’est la cerise, ou le pompon comme on veut. Le club nautique était construit sur l’espace public. La ville l’a fait démolir pour construire une piste cyclable….On voit encore le mur carrelé des douches qui donne sur cette piste cyclable!
En tout cas, il faut traverser le chantier pour accéder à la rue. Les quais et les eaux sont dangereux pour les annexes et les hommes et il faut escalader pour descendre.
A part un tuyau qui permet, quand ça fonctionne, de remplir ses bidons d’eau, et le fait qu’il s’agit du point de rendez vous pour les remplisseurs de bouteilles de gaz, pas grand-chose à dire de positif. Ils donnent tout de même des photocopies d’un petit guide bien pratique pour trouver les professionnels qui nous intéressent. Mais bon….
Espérons que les travaux vont avancer, nous avons cru comprendre que le conflit avec la ville n’était pas terminé….
Nous avons donc évité le club nautique, et n’avons rien payé non plus, car rien ne le justifiait.


En conclusion, nous avons énormément apprécié notre escale de Cartagène, nous regrettons de n’avoir pas pu rester 1 semaine de plus (à cause de cette taxe), et nous espérons qu’un jour une marina digne de ce nom, avec des places, des services et des tarifs normaux verra le jour.
Plus tard, à Rosario, nous étions heureux de nous baigner et de pouvoir nettoyer Fidji dans une eau redevenue bleue. Il était couvert d’une couche de pollution noire (on imagine les poumons des gens des villes), et sous la ligne de flottaison….il y avait du boulot!
La mer, à la fois décharge et source d’alimentation, sera bientôt toxique à Cartagène, si elle ne l’est pas déjà, pourtant certains s’y baignent, summum de l’inconscience.
Bon, ceci n’est pas un blog politique……mais……VOTEZ VERT!!!!!!!

Hasta Luego!
Pat et Isa

24 janv. 2010

News de nous a Panama

Salut a tous!!!!

Nous n'avons pas encore pu souhaiter la bonne année à tout le monde, donc BONNE ANNEE, BONNE SANTE et surtout TOUT DE BON!
Nous venons de rejoindre la civilisation, en la ville de Colon, à l'entrée "Atlantique" du canal de Panama. Nous sommes depuis hier dans une marina très confortable, (la seule d'ailleurs), où nous avons commencé la paperasse pour passer le fameux canal et....où nous nous relaxons le soir dans la piscine.

Nous arrivons des San Blas, où nous avons passé un mois de rêve au pays des indiens Kunas......Ca a été dur de les quitter, c'était vraiment un endroit magique dont nous vous parlerons au plus vite (après Cartagene bien sur, pour la chronologie..)!

Papa Belliot est avec nous jusqu'au 02 Février! Il passe 18 jours sur Fidji, et lui aussi a beaucoup aimé les San Blas. Maintenant, objectif canal de Panama, ça aussi ça l'interresse beaucoup!

De plus, étant donné le tarif de la marina (44 dollars la nuit), on ne traine pas et on espère passer le canal mercredi au plus tard! Nous avons déjà récupéré les 4 longues amarres obligatoires pour le transit, et avons rendez-vous aujourd'hui avec le mesureur officiel qui va nous breefer, verifier que Fidji est en état de passer le canal et le mesurer avec précision.....

Le problème c'est que la culture locale veut que les gens ici ont jusqu'à plusieurs heures de retard à leur rendez-vous, c'est difficile mais il faut bien l'accepter.....On attends, sagement, et entretemps on essaye de répondre aux millions de questions et de trier les informations souvent contradictoires concernant toutes sortes de choses (peut on payer le passage par virement? comment faire le plein de gasoil et d'essence? Où trouver tel où tel chose dont nous avons besoin? Faut il prendre un agent et si oui lequel, etc...etc, etc...).

Malheureusement nous n'avons donc, vous le comprendrez, pas le temps de mettre le blog à jour de suite (Il va nous falloir 2 jours entiers sûrement)! Une fois le canal passé, nous aurons tout notre temps!

Isabelle va faire un saut de plusieurs semaines en France d'ici peu au fait...

Sinon, info importante, vous pourrez nous regarder passer les écluses du canal en direct grâce à leurs webcams.
Il y a 2 webcams sur les écluses Gatun (prononcé Gatoune) et Miraflores (prononcé Miraflorès, hahaha). Nous les passerons dans cet ordre là, avec plusieurs heures entre les 2 car il faut traverser l'immense lac artificiel situé au milieu.
Allez cherchez les webcams sur le site: www.pancanal.com
Celle de Miraflorès est vraiment en direct et, en cliquant "haute résolution" l'image est vraiment nette, même si sûrement vous ne verez qu'une bande de voiliers derrière où devant un énorme monstre marin d'acier sans pouvoir nous reconnaitre, allez voire, si ça vous dit!

Je demanderais sûrement par téléphone à mon fréro d'envoyer un nouveau mail à tout le monde pour donner la date et l'heure exacte....

Voilà, en espérant que tout le monde va pour le mieux, nous allons retourner à nos préparatifs, promis, on prendra plus de temps pour communiquer très bientôt!

Et un grand merci pour vos messages d'encouragements, de bonne année et autres, auxquels nous n'avons pas répondu depuis Cartagène!!!

Bisous à tous et BONNE ANNEEEEEEEEE!!!!!!!!!!!

Pat et Isa

11 déc. 2009

De Aruba vers Carthagene, nos premiers pas en Amerique du sud LES PHOTOS!!

Salut tout le monde!!!!!!!
Voila les photos illustrant les deux parties du récit ci-dessous, concernant la suite de nos aventures, le trajet et les escales entre Curaçao et Carthagene en Colombie.
Copiez-collez ce lien dans la barre d'adresse:

http://picasaweb.google.com/belliotpatrick/DeArubaACarthagene#

Nous allons maintenant quitter Carthagene après une halte d'environ 2 semaines, et nous diriger vers les San Blas situées sur la cote Caraïbes de Panama. Nous y fêterons Noël et Nouvel An et récupérerons Papa Belliot pour 3 semaines ensemble le 13 Janvier!
Entretemps nous vous préparons un texte sur l'extraordinaire ville de Carthagene....

A bientôt, et bonnes fêtes de fin d'année a tous!

Bisous, Pat et Isa

10 déc. 2009

De Aruba à Carthagène, nos premiers pas en Amérique du Sud partie 2!!

Les 5 baies, près de Santa Marta en Colombie, suite et fin du récit de ce trajet entre Aruba et Carthagène:

Nous entrons et jetons l’ancre dans une anse juste avant la première des 5 baies. Nous sommes seuls, pas un chat à terre non plus. Nous nommerons cet endroit ’’la crique du premier pas’’, car c’est ici que nous posons pour la première fois le pied en Colombie et donc en Amérique du Sud!!!!
L’émotion est grandem notre bonheur d’égale intensité. Elle est heureuse, il est heureux, nous sommes heureux! C’est comme ça que nous apprécions le plus la conjugaison!
Ici aussi les fonds sont peuplés de très jolis poissons et la baignade est délicieuse. L’eau est presque trop chaude. Et l’après midi se passe en toute harmonie. Sur la plage sont construits de luxueux abris de plage que nous n’oserons pas visiter.

Le lendemain, nous changeons de baie, pour aller à la 3ème, Guairaca. Avant d’y aller, nous allons pénétrer profondément dans la première, Baia Cinto. C’est beau, vertigineux, grandiose, et l’homme semble minuscule dans cette nature surdimensionnée. Tout est grandissime, mais tout est calme!
Les maisons en éléments naturels sont en harmonie avec le paysage. Il est parfois difficile de décrire ce que l’on ressent, comment l’on perçoit les choses, comment on les voit, et là on ne trouve pas les mots qui illustreraient comme nous le ressentons tout ce qui vit et règne autour de notre bateau.
Nous coupons carrément le moteur pour nous laisser envouter par ce calme, par la douceur des parfums des sèves tropicales, par ces montagnes riches de végétations… par l’activité des hommes sur la plage…puis, nous reprenons doucement la route vers la troisième baie avec l’espoir d’être retenu ici par on ne sait quoi…
Mais, apparemment, le mouillage n’est pas autorisé ici, quelque riche propriétaire en aurait décidé ainsi, les bateaux qui jettent l‘ancre ici se font virer…? Combien faut il pour posséder une baie comme celle là?

Bref, comme disait Pépin, après cela nous arrivons dans la Baia Guairaca, à priori la plus abritée des 5. Là encore, l’immensité du décor nous déséquilibre, et nous finirons par mouiller devant de jolies casas où quelques enfants se baignant nous accueillent avec des grands Ola!
Nous sommes seuls dans cette baie dans la baie, à l’Ouest de Guairaca, tous les autres voiliers étant réunis à l’Est. Ils vont peut être nous prendre pour des asociaux de Français, mais nous avons plus envie de contacts avec les Colombiens qu’avec des occidentaux…Soif de découvertes et curiosité sûrement...
Isabelle enfile vite palmes et tuba pour rejoindre les enfants. Quatre fillettes et un jeune garçon entreprennent de lui servir de professeurs d’Espagnol, et c’est à la plage avec eux qu’elle va passer le plus de temps de cette escale. Ses jeunes profs sont d’une grande patience et ce contact avec la Colombie nous ravit. Ils sont en vacances pour quelques jours dans leur « maison de campagne », étant de Santa Marta la grande ville non loin. Ils nous font visiter leur superbe logement, et nous présentent leurs parents.
C’est rigolo, la maison n’a que des cloisons pour séparer les pièces, pas de murs extérieurs! Une grande et moderne cuisine qui ferait rêver Maman Belliot, une pièce spéciale télé, un étage avec des lits entourés de moustiquaire…
Nous leur ferons visiter Fidji, où ils gouterons goulument les crêpes d’Isa ! Fidji leur a beaucoup plus et il s’est laissé photographier sous toutes les coutures!
Guairaca restera longtemps un grand moment pour nous! Nous y avons pris notre premier café colombien, la chaleur humaine et l’hospitalité y a été mémorable!
Mais il faut à nouveau reprendre la route car c’est à Carthagène que nous allons pouvoir reprendre contact avec nos familles et ça fait déjà longtemps que nous naviguons sans prendre/donner de nouvelles. Notre ami Yannick nous prêtera son téléphone satellite Iridium afin de pouvoir communiquer quelques précieuses minutes. C’est là que nous prendrons la décision définitive d’en acheter un sous peu!

le passage redouté
Sur la route des ABC à Carthagène, il y a 3 caps redoutées qui peuvent être très dangereux. 2 d’entre eux sont derrière nous, Punta Galinas et Cabo de la Vela, mais le plus dur est encore devant nous.

Le fleuve Magdalena parcours toute la Colombie (2 fois la France), descends de sommets de 6000 mètres, traverse forêts denses et grandes villes avant de venir se jeter dans la mer des Caraïbes. Il charrie entre autre beaucoup d’arbres entiers ou en morceau! Gros dangers pour la navigation! Mais ce n’est pas tout, quand le vent et le courant général d’Est vient s’opposer à l’entrée colossale de l’eau du fleuve, la mer devient bouillonnante, grosse et courte, tout ce qu’on déteste. L’eau boueuse empêche de voir les dangers et la cerise sur le gâteau, les cargos immenses entrent et sortent de la rivière sans beaucoup se soucier du microbe flottant que nous sommes.
Vous comprendrez donc que Pat prennent toutes les précautions. Quand un message Navtex (météo) nous indique que le vent va bientôt forcir, il dit : « on part cette nuit ». Avanti!

3h du matin, nous levons l’ancre, et à peine partis nous sommes poursuivis par un orage…il ne nous rattrapera pas, mais le vent ne tombera pas non plus et c’est à une moyenne de 8 nœuds que nous allons naviguer. Les reliefs très montagneux offrent aux vents de superbes toboggans où ils se laissent glisser avec joie! Ici, plus encore qu’ailleurs, il faudrait être fou ou inconscient pour ne pas tenir compte et de la météo et de l‘expérience des anciens!

Vers 9h00 du matin nous arrivons à l’embouchure du fleuve, avec les gratte-ciels de la ville de Barranquilla au fond. Il faut passer, pas le choix….
A cette heure le vent est censé être plus calme, d’où ce départ matinal.
Et effectivement ça va, on sent bien que ça bouillonne, mais ça va. L’eau devient opaque, c’est presque effrayant, le sondeur débloque et indique parfois des absurdités qui ne rassurent pas (quand il indique 1m50 de fond alors qu’on est sensé en avoir 20...). Nous allons être obligé de réduire les voiles, car Fidji va toujours très vite, et une collision avec un arbre pourrait couter cher. Nous croisons quelques bien grosses souches et ne quitterons pas la veille pendant 2 heures pas rassurantes du tout.
Il nous faudra attendre le retour d’ une eau de couleur plus habituelle pour nous détendre enfin. Le plus dur est fait! Ce passage est classé parmi les plus durs à naviguer autour du monde et nous sommes passés dans de bonnes conditions! Nous n’osons pas imaginer le bouillon d’écume lors d’une tempête.

Nous faisons halte vers midi à Punta Hermosa, nous sommes le seul bateau. Une bonne nuit devrait nous permettre de rejoindre Carthagène frais et dispo…une bonne nuit???…C’était sans savoir où nous étions vraiment!

En fait nous sommes à Puerto Velero! La baie s’agrandit d’années en années à cause des dépôts de la Magdalena, et les cartes ne montrent qu’un embryon du super abris que nous découvrons ce jour là.
Le bateau est complètement à plat dans 3 mètres d’eau boueuse. Il ne bouge pas, malgré les 25 Nœuds de vents établis…Serait-ce un bon endroit pour ressortir la planche, dans sa housse depuis les Roques?
Mais que voit on là sur la plage? On dirait des planches à voile? ET OUI, nous sommes tombés par hasard sur une école de kite-surf et de planche à voile ouvert par un ancien champion du monde. Leur site internet,
www.nauticavelero.com.
On nous avait annoncé un mouillage très moyen bourré de moustiques, mais, apparemment, il y avait trop de vent pour eux lors de notre passage.
Pat se retrouve vite à faire la course à fond en planche avec les moniteurs du club.
Nous faisons la connaissance de Martyn, Andrès, Javier, Maria, Carlos, Claudine, et de 3 Allemands qui sont là en vacances pour entre autre apprendre le kite….Le matériel est tout à fait satisfaisant, et des dizaines de planches à voile tous niveaux sont prêtent à naviguer. Le week-end, nous seront une 20taines de kites et de planches à nous croiser sur l’eau!!!!!!!! C’est tellement inattendu!
Nous feront même un feu sur la plage pour une soirée en 4 langues!!!
Tous les voiliers de Guairaca finissent par arriver aussi, et nous ne serons vite plus seul au mouillage.

Yannick aussi nous rejoint, et c’est avec lui qu’Isabelle visite les environs…(pendant que Pat fait ses aller-retour en planche)…La plage totalement recouverte de troncs en tous genre sur des kilomètres: tous le bois déversé par la Magdalena et bien sur, tous les déchets possibles et imaginables. Puis le village proche : Puerto Colombia. L’activité règne partout, chacun s’affaire dans son échoppe, son petit restau, avec sa carriole attelée à un âne, ou un cheval trop maigre. Les fruits sont délicieux, l’ambiance est bon-enfant. Il fait très chaud et c’est dans des bus bondés que nous avons fait le trajet. Les bus ici, ce sont de vrais théâtres: les rideaux, les fauteuils, les objets de déco (petites voitures ou peluches de foire), tout est assorti! Les gens à l’intérieur sont très curieux et la conversation se fait naturellement, même avec notre pauvre Espagnol, qui s’enrichit de jour en jour quand même!

La générosité de Martyn nous permettra d’envoyer nos mails, et nous irons même faire une escapade en moto taxi jusque chez sa maman pour nous connecter à nouveau.
Là nous serons royalement accueillis et nous nous régalerons du jus de goyave frais et du repas préparé pour nous. Jusqu’au merveilleux dessert!!!!
Gracias por todos!!!! C’est dur de quitter cet endroit, mais le jour du départ, le vent est très faible, les moustiques arrivent, alors, quand faut y aller, faut y aller! Plus qu’un jour de mer, ce soir nous dormirons dans une ville de plus d’un millions d’habitants, Carthagène des Indes!!!

Gros bisous, et à bientôt!!

9 déc. 2009

De Aruba vers Carthagene, nos premiers pas en Amerique du sud partie 1!!

Lundi 9 novembre…
après une nuit au mouillage de l’aéroport d’Aruba, nous levons l’ancre à 7h et, très vite à la voile, nous voguons vers Montjes, (rappel d’Espagnol le « j » se prononce comme celui de Julio dans Julio Iglesias).

Il s’agit de quelques minuscules iles-cailloux sans une once de verdure sur lesquels le Venezuela a son poste militaire de gardes-côtes le plus à l’Ouest du pays. Ceux-ci accueillent volontiers les voiliers de passages pour une ou quelques nuits.
C’est à nouveau une journée de rêve pour naviguer et retrouver les bleus incroyables du ciel et de la mer. Et les dauphins qui viennent danser autour de Fidji!!!!!
En route nous pêchons une dorade qui en plus de notre repas de midi nous permettra de remplir 3 bocaux!

En nous voyant approcher sur leur radar, les gardes-côtes de Montjes entrent en contact radio avec nous. Toujours quelques difficultés en Espagnol, mais ils nous attendent, pas de problème, nous sommes les bienvenus!
L’abris est original, deux rochers ont été reliés entre eux par une grosse digue de 50 mètres de long environ. Un quai a été construit pour pouvoir débarquer, et un gros cordage a été tendu entre les 2 iles pour permettre aux bateaux de s’y accrocher.
A notre arrivée nous sommes accueillis par des bravos et des hourras venus du haut de la falaise. Ils émanent des équipages des 2 autres voiliers présents à Montjes ce soir là, qui ont contemplé de la haut la belle arrivée de Fidji, voiles en ciseaux dans le soleil couchant.
Dès que nous sommes accrochés, les autorités se présentent en demandant au captain de venir à terre.
Le « commandant de l’île » se présente. Il doit avoir 25 ans!!! Ils sont une soixantaine de militaires, en poste 45 jours avant la pause de 2 semaines. Ils ont un gros groupe électrogène et donc tout le confort, même la clim et la Playstation, dortoir, cantine, etc... L’âge moyen doit à peine dépasser 20 ans, et Pat retrouve ici comme une ambiance d’internat. On remplit les papiers, aucun souci, suffit de répondre aux questions, merci le dictionnaire Franco-Espagnol!

De retour sur Fidji, nos voisins de cordée, ainsi que les 2 bateaux de pêche sur le quai, sont déjà couchés. Nous nous couchons également bien tôt, demain déjà, nous repartons pour la Colombie, mais avons bien l’intention de monter jusqu’au phare avant de partir. On entendra malheureusement le groupe électrogène cracher ses décibels toute la nuit.
Au petit jour, alors que les autres bateaux sont déjà partis, nous voilà marchant sur le sentier pierreux de l’ile. Un dessin formé de pierres blanches nous souhaite la bienvenue et représente en son milieu une ancre. Nous grimpons vers le phare. José, l’un des gardes côtes nous rejoint pour nous accompagner, avec un chien attachant. Il nous raconte un peu sa vie ici.
Arrivé au sommet, son collègue, en veille radar et radio, nous ouvre gentiment les portes du phare, et nous sommes alors au point culminant de l’île. De là nous voyons nettement les côtes montagneuses de la Colombie où la nuit dernière encore éclataient de nombreux orages…gloups….

Puis nous regagnons Fidji, seul accroché sur son gros cordage, car il est déjà plus tard que prévu pour partir, 8h30.
Nous partons, et là, incroyable, les gardes-côtes, qui dispose d’un sifflet de ralliement, nous sifflent un superbe et très sympathique au-revoir.
C’était une brève, mais bien agréable rencontre, sur un caillou des plus austères…..

Nous naviguons donc vers la Colombie. Qu’allons nous y trouver, les préjugés sont nombreux, on croit savoir des choses sur ce pays, mais on ne sait rien vraiment, car quelles sources d’informations faut il écouter? Allons nous finir dans une forêt, séquestrés par des révolutionnaires ou égorgés par des trafiquants de Cocaïne? Ou bien chavirer sous les assauts de la mer déchainée qu’on nous y a décrite? L’esprit du capitaine vagabonde, Isabelle est bien plus sereine, elle a rencontré tant de colombiens adorables …
En tous cas Fidji file, toujours à la voile. La mer change de couleur et passe au vert à l’approche de la côte.

Nous approchons d’un véritable désert, torride sous un soleil très puissant, sur fond de hautes montagnes frôlant ou parfois dépassant les 5000 mètres!
Nous longeons la péninsule de Guarija, passons la Punta Galinas, à 500 mètres de la côte environ. Le vent, bien que fort, (25 nœuds) n’est pas déchainé, et la mer, agitée, non plus, ouf.
Le sable orangé donne une lumière particulière au paysage. C’est un décor où tout semble endormi. Quelques oiseaux nous rappellent que même dans les endroits les plus secs, la vie est présente. Nous allons passer une nuit seul dans une gigantesque baie, « Bahia Honda ». Nous y verrons une petite barque de pêcheurs, mais ils ne s’approchent pas. Cette baie n’est pas cartographiée, nous resterons donc proche de la sortie et sommes un peu secoués par la houle, mais rien de grave. Pat observera anxieusement les orages qui sévissent sur les sommets désormais tout proches, dans une nuit sans lune…
Le lendemain, nous apercevons un groupe de voiliers au loin, sûrement des Américains, ils préfèrent naviguer en flotte. Il y a du vent mais ils sont au moteur, nous les doublerons à la voile, sans forcer….étrange….Et ils s’appellent toutes les 5 minutes à la radio pour demander si tout va bien…

Nous passons de très près le Cabo de la Vela, lui aussi redouté, dans un temps idéal pour la voile, la terre rouge, le ciel bleu, la mer verte, c’est magnifique. Nous jetons l’ancre juste derrière, et sommes cette fois avec une dizaine d’autres voiliers.
Les locaux traversent la baie sur leurs barques. Ils sont très souriants ce qui nous encourage à croire qu’ils sont contents de la présence de tous ces nomades de la mer….
Nous avons envie de descendre à terre, Pat a envie de sortir sa planche, mais nous allons à ce moment vivre une expérience météo spectaculaire. À l’horizon tout proche se succèdent les grains orageux. Jusque là ça va, et Isabelle se dit qu’on est certainement plus à l’abri ici qu’un peu plus à droite. Pat avait bien vu ce gros nuage noir, mais bon il est derrière, alors….Mais le ciel se met à changer presque d’un seul coup. Et nous qui avons l’habitude de voir les grains arriver par devant, dans le sens du vent, nous allons avoir la surprise d’en avoir un qui remonte le vent et arrive par derrière!!!
Et d’un seul mouvement, tous les bateaux se retrouvent tournés vers l‘Ouest! Sous un ciel épais dont les nuages sont si proches de nos têtes qu’Abraracourcix se serait caché sous terre. Le vent forcit, le mur de pluie est proche, on le distingue nettement. Branlebas de combat, tout le monde sur le pont, nous sommes dorénavant trop près de la plage et risquons de nous échouer, nous levons l’ancre à toute vitesse pour nous écarter.
Les nuages semblent peints d’une peinture très épaisse et leur relief est impressionnant.
Nous n’avons pas fini de relever l’ancre quand notre annexe, que nous avions détaché pour aller à terre, s’envole purement et simplement du pont de Fidji, atterrit un peu plus loin et file vers la plage….un américain fonce nous la récupérer, sympa!!! Et des trombes d’eau s’abattent sur nous, ça faisait longtemps!! Tant mieux, on en récupère le maximum! Et tout est bien qui finit bien!

C’est un peu plus loin, devant le village, que nous allons passer une nuit de tout repos, dans un calme Olympien! Au réveil, pas une ride sur la mer, pas un souffle de vent, un ciel dégagé, nous retrouvons le spectacle du jour naissant. Le soleil, sur le point de se lever, en attendant de nous éblouir, s’amuse comme si souvent à libérer ses rayons doucement, les uns après les autres et comme sa palette de couleur est toujours aussi variée, le ciel et le paysage alentour se colorent de toutes les variétés de roses, d’orangers, puis tout devient de plus en plus lumineux. Les oiseaux s’ébrouent avant leur premier envol, les poissons sautent, et dans le village tout près les hommes et les femmes sortent de leur hamac et vont tranquillement se baigner. Les plus courageux sont déjà dans leur barques et relèvent les filets profitant à leur tour du spectacle magnifique d’un lever de soleil.
Tout est paisible…
On est déjà séduit par la Colombie! On recule nos horloges, cool, on gagne une heure sur la journée!
Nous avons 120 miles (220 km) à parcourir….Que faire sans le vent? Les américains partent, nous attendons.
Et vers midi, il se lève, tranquille la grasse matinée!
Nous aurons alors la chance d’effectuer une des plus agréables navigation depuis le départ. Mer plate, 15 Nœuds de vent de Nord, nous sommes au près bon plein (à 60 degré du vent) avec une légère gite. Fidji ne vogue plus, encore mieux, il glisse, sans bruit, à 6 Nœuds, le pied.
Nous ferons 9 heures de voile inoubliables, puis, première partie de soirée, le vent tombe, la nuit noire, et la vision angoissante de ces orages.
Mais nous avons notre cher Morphéus, et grâce à lui nous réussirons à voir et à éviter les 2 gros orages qui nous barraient la route cette nuit là. Lors des longues navigations, Pat préfère carrément faire demi-tour ou stopper le bateau que de passer dans un gros nuage noir électrique ou non. Ce n’est pas pour les 15 ou 30 minutes perdues qu’on va foncer dedans. Les Américains juste devant nous sont passés en plein dedans et ils n’ont pas aimé, d’après ce que nous avons entendu à la radio…

A 4h, toujours dans l’obscurité la plus totale, alors que nous naviguons doucement au moteur, nous entendons un POC bizarre sur la coque et un autre encore plus bizarre dans l’hélice. On stoppe tout, Pat se penche pour regarder la mer avec une lampe et là….horreur……nous ne sommes plus en mer, mais en forêt.
A cette heure de la nuit le cerveau ne fonctionne pas toujours à fond, alors les pensées s’entrechoquent dans une telle situation.
Pas la peine de poster quelqu’un à l’avant pour éviter les branchages, nous sommes en plein dedans, il y en a partout. Peur pour l’hélice, peur pour l’aspiration d’eau du moteur, peur pour le speedo et le sondeur…nous repartons à 90° de notre route pour essayer de sortir de là, au ralentit de chez ralentit….et nous réussissons. Nous étions pourtant à ce moment à 40 km de la côte…

Et un nouveau jour se lève! Surprise, le paysage n’est plus du tout le même!!
Des falaises et montagnes couvertes de végétation tropicale luxuriante à perte de vue, des sommets très hauts et hérissés (plusieurs sommets à 5700 mètres avec neige éternelle!!), une eau translucide. Nous sommes en vue des « cinq baies » .

La suite dans la 2eme partie!

3 déc. 2009

Les photos des iles ABC!

Et voila, 141 photos pour vous sur notre séjour dans les iles Néerlandaises Bonaire, Curacao et Aruba!

Copiez-collez ce lien dans la barre d'adresse et ENJOY:



http://picasaweb.google.com/belliotpatrick/IlesABC#




A bientôt!

2 déc. 2009

Curacao, Aruba....

Salut a tous!!!!

Voila la suite du récit de nos aventures, nous sommes bien arrivés en Colombie, Carthagène, d’où nous écrivons ces lignes.
A suivre très bientôt “la route de Aruba a la Colombie“, puis nous vous préparons un texte sur l’étonnante ville de Carthagène….
Mais tout d’abord revenons sur……..Curaçao:

L’escale de Bonaire prend fin, et nous reprenons la route maritime vers Curaçao, la deuxième des îles néerlandaises sur notre route.
Jeudi 15 Octobre, nous levons l’ancre à 7h pour rejoindre Klein Curaçao. C’est une petite île inhabitée proche de Curaçao (environ 6 MN ou 10 km), qui permet aux locaux de venir s‘y prélasser une journée.
Notre navigation de quelques heures se passe à merveille, sous spi!!!! Youpi! Il n’avait pas pris l’air depuis l’Atlantique! Derrière nous, nous suivent nos nouveaux amis sur ’’Larès’’.
La plage est belle et les fonds comme à Bonaire nous offrent un magnifique et vertigineux tombant. Nous nous baignons longtemps, et sommes presque seuls au mouillage….
Nous visiterons l’île en début de soirée, quand le soleil donne moins fort. Elle est toute plate et corallienne. Sur la plage, de magnifiques abris en feuilles de cocotier sont ouverts aux touristes. Certains ressemblent à de grands parasols, d’autres possèdent une terrasse surélevée...
Des maisons fermées et un peu laissées pour compte ne sont ni accueillantes ni repoussantes, on les croiraient suspendues dans le temps en attente que quelque chose ou quelqu’un leur redonne vie.
Un phare toujours en activité mais plus ou moins en ruine surplombe cette galette.
La côte au vent est encore jonchée de déchets, mais il y a aussi 3 épaves dont un beau voilier français…
Le lendemain matin, l’hélicoptère des gardes côte nous a survolé de près, nous rappelant ainsi qu’on n’était pas vraiment en règle puisqu‘il faut aller en ville à la douane signaler notre arrivée.
Ils surveillent activement la côte! Et chaque déplacement de navire, même si c’est de seulement 100 mètres, doit faire l’objet d’une demande préalable officielle.
Nous nous rendons donc dans LE mouillage de Curacao, Spanish Water, un des plus abrités de toute la mer des Caraïbes, des centaines de bateaux nous y attendent.
L’arrivée est surprenante.
Il faut tout d’abord bien longer la côte et ouvrir l’œil car l’entrée est discrète. Ensuite nous longeons un bras de mer assez étroit avec au Sud un golf couvert d’arrosage, des immeubles « cages à poules » en construction, un long ponton flottant où il est interdit d’accoster, et plus loin de luxueuses villas….et au Nord la nature libre et intacte de l’île, à savoir rochers et plateaux, cactus et buissons et une faune à plume très variée.
Puis la baie s’ouvre à nous, elle est immense! Les mouillages disponibles y sont délimités, et appelés A, B, C et D, chacun avec ses avantages et inconvénients! Il faut bien choisir, car pour changer de mouillage il faudra aller en ville demander l’autorisation! Quelle rigueur…. Ca nous fait sourire …
Comment ça se passe ici? Pleins de questions nous assaillent (comment se connecter sur internet, aller en ville, faire les courses, etc….)
Pat se rend donc sur le bateau français le plus proche, comme par hasard celui où un pavillon Breton flotte dans la mature! C’est ainsi que nous allons rencontrer notre nouveau copain Yannick, naviguant 6 mois par an à bord de Ti-Yann, son voilier de 10m, et sur la même route que nous.
Il va nous expliquer tout ce qu’il faut savoir, et Spanish Water va ainsi devenir un mouillage de courses, de bricolage et d‘internet.
Nous n’avons pas très envie de nous baigner dans cette eau stagnante, mais le coté pratique (bonne connexion internet, grandes surfaces de bricolage, etc…), l’abris parfait en cette fin de période cyclonique, et les nombreux orages que l’on voit la nuit au dessus de la côte Colombienne toute proche, nous incitent à rester un peu.
Ici les mouillages sont pleins. C’est un passage presque obligé sur la route de Panama, et le mois de Novembre est le plus recommandé pour cette route……nous nous retrouvons donc près d’Aquarius, que nous avions connus en Martinique, de Cercamon, de Larès,…..et beaucoup d’autres croisés depuis Grenade ou même avant.
Le moyen de transport ici, c’est le bus. Les horaires sont plus ou moins respectés, et il ne faut pas avoir peur de rentrer dans un frigo car la clim’ marche à fond, mais on y arrive…Les supermarchés organisent aussi des navettes gratuites pour se rendre chez eux, et ça c‘est pratique!

Dès le lendemain de notre arrivée, nous nous rendons à Willemstad, la capitale de Curaçao pour effectuer ces fameuses formalités. Cela va nous prendre toute la matinée, car il faut se rendre dans 3 endroits différents, mais comme cela nous permet de découvrir la ville ce n’est pas si grave….
Willemstad est très colorée. Tout rappel l’Europe du Nord.
Un pont flottant permet de rejoindre les deux rives de la ville. Il date de 1888 et fonctionne aujourd’hui parfaitement après avoir été rénové. Il s’ouvre donc pour laisser passer tous les bateaux qui se présentent à l’entrée, aussi bien le petit voilier que le grand paquebot ou encore le cargo, le pétrolier, le yacht de luxe…..Au loin derrière la ville ceinturé d’un périphérique, on aperçoit les immenses raffineries, Curaçao et Aruba s’étant spécialisées dans le raffinement du pétrole Vénézuélien, très gros producteur.
On peut s’assoir à une terrasse et boire un verre (cher, bien sur) tout en regardant le passage de très près de ces énormes pétroliers. Original…
Des navettes gratuites sont à disposition des piétons qui voudraient traverser pendant l‘ouverture du pont flottant.
Nous trouvons un « salon de glaces » Häagen-Daas, quel bonheur!
Nous retrouvons tous les magasins nécessaires au bon petit Occidental trop riche, avec des Rolex, Converse (« you are the Converse century »), Levis, Naf-Naf, Breitling, Calvin Klein, etc……Les rues piétonnes regorgent de magasins, et en passant devant leurs portes ouvertes, on sent un grand courant d’air froid, car il fait 10 degrés de moins à l’intérieur…

Nous découvrons aussi un nouveau style de marché, les bateaux venant du Venezuela chargés de superbes fruits, légumes et poissons sont à quai. Ils disposent des étales sur environ 200 mètres où l’on peut faire ses achats à des prix tout à fait corrects (2 ou 3 fois moins chers qu’en France)……
Un autre marché rond nous dévoile ses trésors: en fait on trouve de tout: de la crème pour les pieds, des CDs, de la potion magique, des bibelots, des épices etc…

Puis il y a la « cantine », tout en longueur, on y trouve une dizaine de concurrents proposant leur cuisine de tous styles, repas copieux et très bon marché! Et tout est prêt, nous sommes servis en 2 minutes.

Une autre fois, nous allons visiter l’aquarium de mer où l’on peut nager avec les dauphins…c’est assez cher, nous restons donc au bord de l’eau, et nous espérons que ces braves animaux auront une retraite convenable… nous admirons les otaries mais leurs allers-retours dans leur petit bassin ne nous font pas vraiment rêver.
Les hôtels alentours sont de haut standing, avec gardes, caméras de surveillance et tout, cette débauche de luxe pour riches Hollandais n‘est pas vraiment pour nous non plus.

Nous allons également visiter un musée, ‘’Kura Hulanda’’, qui se trouve au sein d‘un ensemble hôteliers de 65 bâtiments. Cet ancien quartier colonial hollandais est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ici s’effectuait le commerce des esclaves venus d‘Afrique, entassés dans les calles des navires Européens. Les salles sont riches en collections d’art africain et aussi en objets de torture ayant servis à cette traite sans merci.…Nous avons appris encore beaucoup!

Hormis ces balades, il faut dire que nous allons consacrer la majorité de notre temps dans les supermarchés et magasins de bricolage!
Ces derniers sont très européens! La bière belge, les fromages français, italiens ou hollandais…en gros il y a de tout comme à la maison. Mais attention! c’est la course dans le supermarché car on ne dispose que d’une heure pour tout faire avant que la navette ne nous ramène.
Comme on ne sait pas ce que nous allons trouver ensuite, nous faisons le plein pour tenir le plus longtemps possible. Isa n’avait jamais fonctionné comme ça auparavant, et ce stockage de masse la surprend encore, malgré tous les efforts de son capitaine pour lui expliquer que dans le Pacifique on ne trouvera plus tout ça.
Nous trouverons des beaux bocaux pour conserver viande et poissons que nous avons bien l‘intention de pêcher.
C’est parti pour une folle journée de cuisine…Viande nature, bolognaise, et bourguignon…Isa a elle-même l’impression de rentrer dans les bocaux…
Mais quel bonheur de manger un bourguignon au milieu de nulle part!! Et le tout sans frigo! Peu de gens comprennent comment on peut se passer de frigo, et pourtant, c’est si simple! Comment faisait on avant? Plus grand monde ne se pose la question, mais c’est un grand luxe énergétique! Le froid représente autour de 80% de la consommation d’énergie sur un bateau….

Spanish Water, c’est aussi l’escale lessive, et on en profite pour dessaler nos banquettes…
Mais l’escale technique c’est aussi:
Réparer les réas (poulies servant à hisser et affaler la grand voile) qui sont coincés en tête de mât, (Pat passera 2h30 tout en haut du mat en plein soleil), remettre le pilote électrique à neuf, vidanger l’embase du moteur de l’annexe, remettre un joint à la pompe des toilettes qui fuit, renforcer par des sangles les tauds nous protégeant de la pluie et du soleil…etc…Donc pendant cette escale, pas le temps de chômer… et oui, c’est pas rien la préparation et l’entretien d’un bateau pour le grand voyage!

Heureusement, nous prenons un peu de temps aussi pour nous promener, et visiter les alentours de Spanish Water.
Nous voyons des perroquets, des échasses, des balbuzard pêcheurs et les paysages rocheux sont beaux. Pas de forêt tropicale ici, nous retrouvons la végétation toujours très piquantes et économe en eau. On serpente comme les routes à travers ces espaces, on découvre une ancienne léproserie, on visite un petit château qui devait certainement être construit là pour protéger l‘île des envahisseurs, on y trouve encore les canons derrière les créneaux…ce sont des moments importants car Isa a la bougeotte et ces balades lui sont indispensables.
Il s’agit de petites routes goudronnés sur lesquels on vient courir, faire du vélo, promener son chien, ou manger son MacDo dans sa voiture en regardant la mer. (le sols est jonché de souvenirs de Mac Donalds et des autres pique-niques).
Mais on vient aussi y abandonner sa vieille bagnole, y jeter ses vieux pneus, y vider ses poubelles….Nous revenons parfois dégoutté de nos balades.

Bref, après 20 jours passés sur l’île, nous nous réjouissons vivement à l’idée de reprendre la route….et de nous baigner….La météo est bonne, nous devrions naviguer jusqu’à Carthagène (Colombie) en toute sécurité! C’est presque la fin de la saison des orages Colombiens, et bientôt le début du retour des puissants alizés venus de l‘Atlantique…Entre ces 2 périodes, de mi-novembre à mi-décembre, la route le long de la côte Colombienne, redoutée et connue pour ses vents très forts et ses mers très formées, offre souvent la possibilité de naviguer dans le calme….A condition de bien choisir son moment, ou sa fenêtre comme on dit…
C’est pourquoi les voiliers partent souvent par vague, dès qu’ils estiment que c’est le bon moment et qu’ils sont prêts…VAMOS!!!!
Alors, même sans le vouloir, on se retrouve dans un groupe de bateaux, tous sur la même route…
En tous cas, tout est prêt pour une nouvelle aventure, nous avons bien allégé la liste de choses à faire, le reste se fera à Carthagène.
Vendredi 6 novembre, nous levons l’ancre, retrouver la pleine mer nous ravit, Fidji est heureux de glisser dans une eau plus claire et file bon train à la voile le long de la côte de Curaçao. Nous doublons Willemstad et ses impressionnantes raffineries, et en 5 heures, rejoignons la Baia Santa Cruz (avec l’autorisation préalable bien sûr), mouillage au nord de Curaçao, où nous rejoint Yannick.

Nous nous jetons à l’eau sans hésitation! Enfin!!! Nous rejoignons la plage à la nage. Elle est jolie, avec un petit restaurant, une douche et quelques abris de plage.
La crique est assez protégée mais ça doit rouler pas mal par houle de Nord- Est.
Sous le bateau, la flore habituelle de gobelets en plastique et autres déchets divers…Mais, en longeant la petite falaise vers le sud, nous découvrons avec surprise des fonds très beaux, du corail vivant, une eau extrêmement claire et une multitudes de poissons…Nous passerons au moins la moitié de ce Samedi à barboter…

Dimanche 8 Novembre, anniversaire de Papa Belliot, il est 6h, nous levons l’ancre pour Aruba, dernière îles des Antilles néerlandaises. Nous pêchons un beau tazard qu’Isa met rapidement en bocaux : 6! Voilà du poisson pour quelques semaines!!!! La navigation se passe à merveille!
Nous ne voulons pas rester à Aruba, juste passer une nuit « en fraude », c’est-à-dire sans passer par les douaniers, au mouillage près de l‘aéroport.
Notre arrivée se fait en longeant d’imposantes raffineries puantes et fumantes. Ce qui est rigolo c’est la dizaine d’éoliennes que l’on aperçoit derrière (surtout quand on pense à ceux qui n’en veulent pas pour des raisons esthétiques, comparons…).
Pour accéder au mouillage de l’aéroport, il y a 2 entrées, nous longeons tout d’abord une décharge, puis la piste, à une centaine de mètre à coté, et assistons à un décollage en gros plan. Arrivés en bout de piste, il faut passer entre les feux dans l’eau! Ce qui fait qu’en atterrissant les avions passent juste au dessus de nos tètes dans un vacarme assourdissant, alors ça c‘est une expérience!
Puis, une fois au mouillage, les atterrissages , décollages se succèdent. Sympa au début, cela prend rapidement la tête…Impossible de rester là, heureusement qu’ils s’arrêtent la nuit!

La météo confirme sa fenêtre et nous sommes d’accord pour lever l’ancre dès le lendemain.
Aruba nous laissera juste le souvenir d’un trafic aérien imposant et d’un mouillage à nouveau bien rempli.
Et voilà : Bonaire, Curaçao et Aruba , les trois îles néerlandaises des Antilles sont derrière nous.
Et pour la première fois depuis le Portugal, Fidji se rapproche à grande voile d’un continent.
Et pas des moindres! Le continent Sud Américain.
Juste encore l’île de Montjes pour une halte sur le parcours…que nous vous raconterons très bientôt!!

Gros Bisous à tous!!!!!!

6 nov. 2009

Bonaire!

Salut à tous!!

Mercredi 7 octobre, après ces semaines passées en pleine nature et assez loin de la civilisation, nous revoilà dans le tumulte civilisé!
La voici, cette première île des Antilles Néerlandaises! Bonaire. Nous y découvrons tout d’abord des montagnes de sel en longeant la côte avant de rejoindre le seul mouillage de l’ile, autorisé uniquement sur des coffres (bouées) à 10 dollars la nuit pour protéger les fonds marins, qui sont exceptionnels.
Comme de bien entendu, comme aux Testigos, nous arrivons sans le vouloir au beau milieu d’une grande fête. C’est la régate annuelle, qui dure une semaine.
Sur le front de mer se succèdent les stands faisant des barbecues et vendant des boissons fraiches. Mais il y a aussi les différentes sonos qui crachent des watts de styles divers et variés. Du bateau c’est un mélange hallucinant, qui lors de notre première nuit sur place durera jusqu’à 3 heures du matin! Nous sommes obligés de déplacer Fidji en pleine nuit car impossible de dormir dans cette cacophonie vraiment décoiffante, nous nous éloignons du centre...

Nous nous offrons, pour la toute première fois, un repas de luxe dans un restaurant: ‘Mona Lisa’. Il fallait marquer le coup: un an de voyage, 4 ans de vie commune, et c’était aussi une manière de fêter ses merveilleuses semaines passées aux Roques et aux Aves. Nous ne l’avons pas regretté, c’était vraiment délicieux, et finalement pas si cher que ça, comparé aux restaurants de chez nous, qui ne sont pas dans nos budgets.
Les formalités se passent bien, c’est rapide et gratuit pas de problème avec le fait qu’on soit resté un mois en transit entre Grenade et Bonaire. Dans les ABC, (Aruba, Bonaire, Curaçao, Antilles Néerlandaises), on parle un mélange d’Anglais-Espagnol-Néerlandais très original appelé le Papiamento! Heureusement, ils parlent aussi les langues en version originale ce qui nous permet de communiquer.

Nous obtenons à bord une bonne connexion internet (payante) qui nous permet l’envoie de tous nos mails préparés à bord depuis Grenade ainsi que la mise à jour du blog.

Pour la baignade, ce n’est pas compliqué à Bonaire! Malgré le fait que la ville soit devant nous, sous le bateau les fonds sont magnifiques, et l’eau réputée la plus claire des Antilles l’est vraiment, C’est très beau! On voit le fond à 20 mètres et le tombant impressionnant est peuplé de petits poissons charmants qui nagent près de coraux vivants (ce qui se fait rare).
Le Club de plongée est tout près, et nous aurons souvent des plongeurs sous le bateau, même la nuit. (ça fait drôle au début, quand on voit leurs lumières et qu’on entends les bulles sous la coque….).
Autour de nous les bateaux s’activent, les régates se succèdent sur tous les supports, de la planche à voile à l‘habitable, l’ambiance bat son plein, certains bateaux sont couverts de ballons.
On part faire des courses en faisant un peu le tour du quartier, pas de doute, c‘est civilisé ici…Nous en sommes presqu’étourdis. Allez, on se réintègre, direction le supermarché.
Pas mal! Avec sa partie plus fraiche pour les légumes, la viande et le fromage. Les gens sont gentils et serviables!
Incroyable, on retrouve des produits que nous n’avons pas vus depuis longtemps!! On fait le plein de fromage, un peu de charcuterie, mais surtout….il y a des VRAIES bières ici….Fini la Lorraine, la King’s Brau, l’Amstel, la Stag, la Polar, la Carib’ qui sont toutes des Kronembourg plus ou moins les mêmes en fait. Brassées par des multinationales. Nous n’avions même plus de bière à bord depuis Grenade!
Là, nous trouvons des bières belges, Duvel, Kwak, Maredsous, Leffe, Grimbergen, ouah!! Il manque quand même la Chimay Bleue mais bon…Quel plaisir quand même!!

Nous sympathisons avec nos voisins Français. Doris et Régis sur Cercamon, Stephanie, Josselin, Oscar (4ans) et Dune(7 mois) sur Larès.
Nous allons tous en Colombie, puis aux San Blas, puis dans le Pacifique….
Nous échangeons nos connaissances et nos avis sur nos escales passées et futures, sur la météo et plein d’autres choses.
Nous allons du coup découvrir un blog bourré de conseils pratiques et très très bien fait sur notre parcours Colombino-Panaméen: ‘www.etoiledelune.net’ tenu par un couple dont nous devrions bientôt croiser la route. Allez voir, nous vous le conseillons!

Nous profitons aussi de cette escale pour les travaux techniques. Tout d’abord, Pat démonte les WC car ils se remplissent d’eau de mer et parfois débordent si on ne ferme pas les vannes. Il faut changer la tuyauterie, rehausser la cuvette et mettre un col de cygne.
Isa s’occupe des lessives et de compléter l’avitaillement. Un couple hollandais, (Karen et son mari) l’aidera à trouver une aiguille pour le Speedy-Stitcher (outils important pour effectuer de longues coutures sans machine). La voici emmenée en voiture, de couturière en magasin de tissus… personne n’a le bon modèle d’aiguille, mais quelle chance de rencontrer des gens comme eux qui rendent service comme ça, pour le plaisir...

Et puis, à bord on nettoie, on range, on trie, on se réorganise,….On rend visite au shipchandler (magasin pour les plaisanciers) ‘Budget Marine’ du coin qui vend ses produits 30 ou 40% plus cher que dans le catalogue ‘Budget Marine‘…Bref, on n’arrête pas. Et la connexion internet étant assez bonne, on en profite pour beaucoup téléphoner (’Skyper‘) avec nos familles, peaufiner la mise à jour du blog et surtout prendre un maximum d‘information sur la prochaine destination après les ABC, la Colombie.
Il n’existe pas de guide sur la côte que nous allons longer, pourtant il parait qu’elle est belle et que ça vaut le coup de s’y arrêter. La réputation de la Colombie fait que nous devons être vigilants, choisir les bons endroits, et vraiment bien nous renseigner. Les habitués disent qu’aujourd’hui la côte de la Colombie est très protégée par des Gardes Côtes efficaces et accueillants avec les voiliers de passage. Plus aucun problème de sécurité dans ce coin, parait-il. Nous prenons des informations dans tous les sens, merci Internet!
Les habitués préviennent aussi que la météo et en particulier l’état de la mer le long de cette côte doivent inspirer la plus grande prudence. Il faut passer en Novembre, et il faut attendre le grand beau temps! OK, nous sommes d’accord.

Le jeune Oscar passe du temps avec nous sur Fidji car il aime beaucoup les histoires et l’atelier bricolage d’Isabelle, qui n’a rien perdu de son feeling avec les enfants.
Après seulement 8 jours, il nous faut partir, les 10 dollars par jour passé sur les bouées de Bonaire nous ennuient pas mal, c’est vraiment trop cher. Nous mettons les voiles, direction Curaçao, il parait que le mouillage de Spanish Water est calme et gratuit! Alors, VAMOS!

Nous vous raconterons la suite, concernant Curaçao, bientôt!!

Bisous à tous!!!!!!

Pat et Isa

24 oct. 2009

Sur la route de Bonaire 2ème partie Los Roques et Las Aves, LES PHOTOS!

Salut!

Enfin nous avons réussi a mettre noir sur blanc un peu de ce que nous voulions vous raconter sur les Roques et les Aves!
Pour nous ces moments sont magiques et inoubliables, nous esperons les partager avec vous le mieux possible!

Voici le lien pour voire les 110 photos que nous avons choisies pour vous.
Vous pouvez vous les faire défiler en vitesse lente, ça vaut le coup, réglez le diaporama sur 10 secondes, prenez 18 minutes, c'est trop beau!
Pour ceux qui veulent, lisez d'abord notre reportage avant de regarder les photos, elles vous parleront plus....

Copiez-collez ce lien dans la barre d'adresse:


http://picasaweb.google.com/belliotpatrick/LosRoquesYLasAves#


A bientôt!!!

Pat et Isa

23 oct. 2009

Sur la route de Bonaire 2ème partie Los Roques et Las Aves!

Salut à tous! Voila le récit de nos aventures aux Roques et aux Aves!

3. Los Roquès:
17 Septembre 2009, le choix, en arrivant de l’Est aux Roques n’est pas évident: passer par le Nord et ne prendre aucun risque, ou passer par le sud et rentrer dans l’immense lagon par la Boca de Sebastopol…En sachant que les cartes sont fausses et incomplètes, et que l’endroit est parsemé de centaines de patates de corail disposées par-ci par là et qu’il vaut mieux éviter de frotter avec Fidji.
Pat décide de prendre ce chemin tout de même, car…il faut bien prendre quelques risques si on veut vraiment en profiter…Et nous ne serons pas déçus!! Nous allons vivre un moment inoubliable!! L’eau est tellement claire que zigzaguer entre les patates est un jeu d’enfant….
Pour la première fois dans la vie de marin de notre captain, la carte marine n’est plus d’aucune utilité, voire dangereuse si on lui fait confiance! Il n’avait pas encore vu d’erreurs aussi énormes sur des cartes officielles…
Des cordages installés entre les haubans (les câbles qui tiennent le mât) permettent de grimper assez haut pour bien distinguer la route à suivre…..et faire d’innombrables photos…..
Les dangers apparaissent clairement, si bien que nous allons cheminer à la voile jusqu’au bout, moment inoubliable et magique sur cette mer intérieure toute plate!

Oh que c’est beau!!!! Oh ce bleu!!! C’est incroyable tant de variété de bleu. C’est indescriptible, et c’est magnifique! Nous sommes scotchés, vraiment!
Ici la Nature semble avoir décidé de se montrer plus belle, plus bleue…. Sous et sur les multiples ilots, tous couverts de palétuviers, la vie peut opérer sa magie sans difficulté, poissons et oiseaux peuvent se multiplier et grandir bien à l’abris de ces arbres protecteurs qui vivent dans l‘eau de mer.

Nous longeons toutes ces merveilles admirant également le vol des pélicans, des fous, des mouettes et des sternes… une tortue sort sa tête, les poissons sautent….Quel bonheur!

Cette réserve protégée est immense, environ 50 par 30 kms!!
Elle est parsemée d’ilots de tailles diverses, et protégée par la grande barrière de corail que nous longeons le jour de notre arrivée (presque 30km du Nord au Sud).
La plus grande partie des Roques ne voit jamais personne, très peu de gens se déplacent jusqu’ici et il y a une grande zone non cartographiée…
L’eau est très claire et offre des variétés de bleue absolument magnifiques que nos photos ne peuvent pas montrer aussi bien que nous le voudrions. Le turquoise est tellement vif qu’il se reflète sur les nuages.
Le secteur est sec, un petit grain de 10 minutes à peine en 18 jours aux Roques (pas une goutte aux Testigos ni a Blanquilla…), et venté (parfait pour la planche et pour chasser les moustiques)!

Nous avons fait 8 mouillages différents aux Roques, en navigant maximum 2 heures entre les iles, leur beauté nous a ébloui! C’est un paradis pour la voile et pour le mouillage!!

18 septembre: Lendemain de notre arrivée aux Roques. Voilà un an jour pour jour que nous avons quitté la Rochelle! C’est l’endroit inespéré pour fêter l’évènement!
Les Guarda Costas, gardiens de la réserve, Marcos et Julio, viennent nous voir…nous ressortons le dico franco-espagnol…
Ce sont deux hommes charmants, bienveillants et patients qui autour d’un café et d’un jus de fruits passeront quelques bons moments avec nous. Nous arrivons à nous comprendre un poquito! Ils vivent 45 jours dans la réserve et rentrent chez eux, à Caracas, la capitale du Venezuela, deux semaines retrouver leurs familles.
Ils nous proposent même d’aller nous chercher de l’eau avec nos bidons vides, c’est vraiment gentil! Muchas gracias!
Isa prépare une tarte au citron que nous partageons ensemble dans l‘après-midi. Là encore il nous faudra user du dico! Ils nous expliquent où aller dans la réserve et nous donnent quelques conseils..
Le lendemain, direction Gran Roque (30 minutes de route), la seule île ‘montagneuse’ et habitée des Roques.
Notre arrivée se fait à travers les pélicans et les embarcations des pécheurs. C’est la première fois que nous voyons autant de pélicans et ils plongent et plongent se remplissant le ventre de poissons et se protégeant des mouettes qui se serviraient bien directement dans leur bec et qui leur piquent la tête!

Nous longeons le ‘’terrain vague’’ de l’île à côté du village…et comme d’habitude, qui dit présence humaine dit déchets…!Ah cannettes en alu, bouteilles en plastique, etc, etc..! On n’est pas prêt de vous voir disparaitre! Que n’avons-nous pas été assez malins pour ne créer que du biodégradable. Quand ces visions apocalyptiques de décharges en plein air finiront-elles par réveiller la conscience de ceux qui les engendrent?
Nous grimpons en haut de la seule colline des Roques. Un ancien phare y tient encore debout. Nous découvrons l’immensité du lagon et ses couleurs envoutantes vue d‘en haut. Là encore nous sommes bluffés! Tous les bleus de la palette du peintre colorent le lagon, le vert de la mangrove y trouve parfaitement sa place et le sable blanc illumine les bords des îles exactement comme il faut.
Nous descendons en rejoignant la mangrove où là encore les déchets s’accumulent et où malgré tout deux hérons verts et un bihoreau violacé sont installés... Derrière la mangrove, en bord de mer il y a le petit aéroport et sa tour de contrôle genre lego.
Nous traversons le village pour y découvrir des belles ’’posadas’’ (auberges pour les touristes). Les rues sont de sable, fleuries et propres! (comme quoi, s’ils le voulaient vraiment les habitants de l’île pourraient tout nettoyer!)
Beaucoup de gens jouent à des jeux de sociétés: cartes, dominos, jeu de lettres… 3 bébés en couche culotte s’activent autour d’un camion siège, deux autres plus grands s’entrainent au base ball… une femme étend ses draps fraichement lavés…les machines sont d’ailleurs dans la rue.
Arbres fleuris, ibiscus, bougainvillier ont été planté pour donner au village encore plus de couleur, de gaité et d’ombre car cette île est très désertique, et son relief n’est que roches nues parsemées de cactus.
Quelques touristes sont là également, pour la plupart italiens…
Ils se font déposer sur les belles iles alentour par des barques rapides et y passent la journée sur les plages à buller sous un parasol avec une grosse glacière bien pleine, avant de se faire récupérer en fin d’après-midi pour rentrer dormir dans les posadas de Gran-Roque, plus bronzés que la veille.

Nous repartons le même jour pour Francisquis, un lagon dans le lagon! Un abris naturel magnifique, 3 ou 4 petites iles qui forment un cirque, avec au vent une très grande surface de sable où l’eau nous arrive à peine à la taille!
Génial pour la planche…Isa fait de son mieux photos et films pour la postérité….avec l’eau à la taille pour les gros plans…cool! Nous y passerons 2 jours superbes!

En quittant ce mouillage, nous quittons la zone “habitée” des Roques, pour aller plus a l’Ouest, là où on ne trouve plus que quelques rares bateaux et quelques touristes italiens sur les plages.
A Crasqui, nous serons 3 bateaux, mais espacés de bien 500 mètres les uns des autres tellement c’est grand.
Encore un super plan d’eau pour la planche a voile, avec des bords infinis à fond la caisse, surprenant même les fous de bassan et les tortues…YAOUUUUH…..

2 jours plus tard, comme d’habitude à contrecœur, nous partons, et naviguons 1h20 pour atteindre Sarqui.
Surprise! Elle est encore plus belle…pas possible…et ben si!!!
Juste à côté se trouve Espenqui, que nous visiterons en annexe, sa mangrove, son immense plage. Il y en a des kilomètres de plage aux Roques! Et des petits ilots toujours supers à découvrir à pieds ou à la nage…Les poissons sont nombreux et bien chez eux. Isabelle se fait presque éjecter de l’eau jusque dans l’annexe par un barracuda pas commode…

Déjà 9 jours aux Roques!! Ca file!! Nous commençons nos journées par une à deux heures de cours d’Espagnol, puis c’est baignade-balade-planche-sieste-lecture dans l’ordre et le désordre. Nous nous faisons un GROS et DELICIEUX petit dej vers 10heures et un GROS et DELICIEUX repas du soir vers 19h30 histoire de profiter encore plus de la journée. Le soleil au zénith offre la plus belle lumière sur les bleus des Roques, et nous ferons nos plus belles balades entre 10heures et 15heures…

Nous terminons la journée par un (ou deux!!) DELICIEUX Ti-Punch-coucher de soleil avec des cacahuètes grillées à l’ail, ou des popcorns, à tour de rôle dans le hamac! Le pied absolu!
Et ensuite, vers 21h30, ca ronfle sec à bord de Fidji!

Dimanche 27, à ’’Carenero’’, le mouillage suivant, nos voisins américains, de San Diego, viennent se présenter: Steve et Anne! Voilà déjà plusieurs mouillages que nous partageons ensemble depuis les Testigos sans se parler.. Ils naviguent sur Fine Line, un très beau catamaran presque neuf. Nous prenons l’apéro sur Fidji, ‘’punch coco’’. Ils ont deux grandes filles. Ils naviguent depuis 35 mois et ne sont rentrés chez eux que 3 mois. Il faut basculer le cerveau de l’Espagnol à l’Anglais!
Le mouillage de Carenero est super abrité, et très beau aussi. Il se prête bien à l’exploration en annexe!

Lundi 28, la seule journée couverte de notre séjour, Pat a passé la journée à repasser le câble du panneau solaire (il faut tout sortir, démonter et nettoyer dans la cabine arrière, jusqu‘au fond!), et ressouder la prise du convertisseur 12-19V de l’ordinateur.
Et le soir venu, après une bonne douche (2 litres!!), c’est nous qui allons sur Fine Line prendre l’apéro.
Leur bateau est vraiment magnifique!!!!!! Et d’une propreté éblouissante!
Steve est surnommé CaptainClean et ce n’est pas pour rien. D’après Anne, il a pris cette habitude lorsqu’il était pompier à San Diego et nettoyait son camion toute la journée…Et oui un camion de pompier, faut que ca brille, et «sous leur casque brillant….ils ont l’air…épatant vraiment»!!!!!!!!!
Nous passons une soirée sympa, en Anglais exclusivement!

Les jours suivants nous les passons à Elbert Cay, Bequeve, West Cay puis Cayo de Agua, tout à l‘Ouest des Roques. Nous y passerons encore quelques jours extraordinaires, dont la moitié complètement seul au mouillage. Au plus fort de l’affluence nous avons été 3 bateaux, nous compris!
Les plages sont immenses et magnifiques, en particulier une langue de sable d’une centaine de mètre où les vagues déferlent des 2 côtés, alors qu’on a l’eau aux chevilles, c’est super! Nous nous laissons prendre par les vagues venant se marier ici, et nous nous marions avec elles!
Nous y découvrons aussi pour la première fois un bébé fou de bassan encore tout duveteux qui suit son parent gauchement en se rééquilibrant avec ses ailes… c’est très drôle et émouvant.
Il y a aussi le cocotier d’où Pat va réussir à faire tomber 3 noix avec une grande perche! Plus loin, des véritables petites oasis, regroupement très serré de buissons et palmiers. Autour de ces oasis, des trous creusés dans le sable racontent l’histoire des amérindiens qui venaient là pour chercher de l’eau douce, qui est toute proche de la surface de Cayo de Agua (d’où son nom), alors qu‘ils étaient en campagne de pêche.
L’île est beaucoup plus verte que les autres, cette eau est toujours présente, mais surement plus profondément qu‘à l‘époque...
2 aiglons, appelés aussi balbuzard pêcheurs, volent le soir non loin de Fidji et nous les admirons avec émotion, ils peuvent faire 2 mètres d‘envergure…Nous verrons aussi pour la première fois un flamand rose…
Il y a aussi les plus gros poissons perroquets vu jusqu’à présent, au moins 1 mètre de long! Mais aussi les plus gros barracudas… et là pas la peine d’insister, on ne les regarde pas en détail, on les fuit!
Nous aurions pu rester encore longtemps dans ce paradis, mais…….Nous levons l’ancre, hissons la voile, un matin et très émus, nous quittons les Roques….à contrecœur!

4.Las Aves
Et nous arrivons en quelques heures aux Aves! (oiseaux en espagnol). Il s’agit de deux grands lagons, Aves de Barlovento et Aves de Sotavento (au vent et sous le vent) encore moins fréquentés que les Roques, avec encore des dizaines de mouillages à découvrir/explorer.
L’île auprès de laquelle nous allons mouiller est couverte de palétuviers immenses abritant des centaines de fous de bassan et leur bébés! Ils sont nichés dans les arbres et c’est surprenant de voir ces palmipèdes posés sur les branches!
Les fonds sont toujours aussi clairs et nous sommes bien à l’abri. Nous longeons la mangrove avec l’annexe. C’est génial! Mais au bout de l’île toujours ces déchets déposés par l‘Océan…

A Sotavento, nous allons signaler notre présence à quelques gardes côtes stationnés ici (ils semble tous fort jeunes…). Ca se passe bien, et nos cours d’Espagnol portent leurs fruits, juste un papier à remplir comme quoi nous sommes en transit et allons bientôt quitter le territoire.
Nous pourrions encore rester longtemps comme ca, en transit dans les eaux Vénézuéliennes, la plupart des douaniers doivent avoir pour consigne d‘être tolérants avec les plaisanciers n‘ayant pas fait les formalités, en principe obligatoires…Bravo!
Ensuite, nous allons nous enfouir dans la mangrove avec Fidji, chose qu’on ne peut faire que si le vent est fort, car sinon on a la visite des moustiques! Et là, justement la mer est agitée, une onde tropicale est en train de passer et nous sommes bien à l’abris dans la mangrove! Merci le guide nautique de Chris Doyle pour ce chouette mouillage bien abrité! Ailleurs ca doit beaucoup tanguer/rouler!!

Au moment du départ, nous nous persuadons de revenir pour notre deuxième tour du monde…
C’était un mois tellement magnifique…..et beaucoup, beaucoup trop court!
Prochain arrêt, Bonaire…

Le vent est soutenu, la mer agitée, Fidji file 8 nœuds à la voile, et nous aurons encore une fois la visite des dauphins! Cette fois ils ne se contentent pas de jouer avec la vague d’étrave, ils sont une trentaine et arrivent dans tous les sens et sautent comme des fous dans les vagues! Ils surfent, font des plats, tournent, c’est génial, ils nous offrent pour la première fois ce spectacle d’une demi heure que nous n’oublierons pas de si tôt!!

Que de souvenirs!!!
Nous sommes impressionnés par tant de beauté. Depuis que nous naviguons nous avons eu bien des surprises quand à la maitrise artistique de la nature. Tous ces miles parcourus dans l’océan à la rencontre de toutes ces îles différentes les unes des autres…les Canaries, le Cap Vert, les Antilles, les îles Vénézuéliennes dont les Roques et Aves, et aujourd‘hui les ABC d‘où nous écrivons ces lignes..

On pourrait penser qu’il n’y a rien de bien différent. Les plages se succèdent, les rencontres avec les oiseaux, les poissons autour des coraux ne pourraient être que répétition, que du déjà vu, mais bien au contraire!! Chaque endroit nous comble de son charme personnel. Chaque mouillage nous permet de découvrir encore quelque chose, chaque navigation nous permet de découvrir la palette infinie des bleus, des turquoises, des émeraudes, et le ciel, et le Soleil et la lune et les étoiles participent sans économie!

Nous sommes gâtés, comme si toute la nature voulait qu’on sache et que l’on témoigne de sa beauté!
Ce sentiment d’être parfaitement adopté par les éléments nous fait grincer les dents quand sur les plages les déchets de notre humanité s’accumulent, tout en représentant un danger de mort pour les animaux qui veulent y goûter par curiosité.
Il nous semble que le comportement humain est le seul à gâcher la beauté, l’harmonie et la pureté de ce qui nous entoure. C’est décidé, peu importe le candidat, dorénavant nous voterons pour les verts, rien que pour le principe.
Pas de politique nous direz vous? Et bien si….politique!!

Allez, on rigole, votez ce que vous voulez …

On vous embrasse fort, et on vous prépare un mot sur les iles ABC!!!

A bientôt!